Une délégation du Comité de Pilotage du Nouvel Ordre Politique Haïtien (NOPH), conduite par son coordonnateur, le Dr Jean Ardouin Esther Louis Charles, accompagnée du vice-coordonnateur Me Jean Joseph Métélus et du porte-parole, l’ingénieur Yvon Derose, a rencontré le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), le vendredi 20 février 2026. Les échanges ont porté sur la crise conjoncturelle que traverse le pays, selon une note d’information transmise à la presse.
D’entrée de jeu, le NOPH a exprimé « sa préoccupation face à la diminution des dispositifs sécuritaires mis en place avant le 7 février 2026 » et a dénoncé « l’augmentation des actes de kidnapping dans l’aire métropolitaine ». La délégation a souligné « la nécessité d’accompagner les autorités policières dans un processus d’épuration au sein de la Police nationale d’Haïti (PNH) », précisant qu’il s’agit « d’écarter de l’institution policière les agents en connivence avec les groupes criminels ».
Abordant la crise humanitaire, le NOPH a mis l’accent sur « les violations massives des droits de milliers de personnes déplacées internes (PDI) vivant sous des tentes dans des conditions abjectes et infrahumaines ». La délégation estime que la situation des déplacés constitue un indicateur majeur de la dégradation des conditions de vie et de sécurité.
Les discussions ont également porté sur les élections prévues en 2026 et la gouvernance transitionnelle. Pour le NOPH, « l’organisation d’élections crédibles et transparentes au cours de cette année reste un projet hypothétique, voire irréaliste », arguant que « certaines préalables sont nécessaires », notamment « la résolution relative de la crise sécuritaire, le retour des déplacés internes et la libre circulation des personnes ».
Enfin, le NOPH a réaffirmé sa position en faveur d’« une sortie de crise consensuelle » fondée sur quatre axes : « une gouvernance bicéphale avec un président et un Premier ministre », « un organe de contrôle et de surveillance de l’action gouvernementale », « un dialogue interhaïtien ou une conférence nationale » et « le rejet de la diplomatie canonnière ».
Mario Jean-Pierre
