Le Groupe d’Appui aux Droits Humains (GADH) a publié cette semaine un rapport de neuf pages alertant sur ce qu’il décrit comme des « dérives inquiétantes » au sein de certaines organisations de défense des droits humains. La Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) est nommément cité dans le document.
Selon le GADH, certaines organisations « ne se limitent plus à documenter les violations des droits humains, mais s’inscrivent désormais dans des logiques de positionnement politique, au détriment de l’objectivité et de la crédibilité du combat pour les droits fondamentaux ». Le rapport précise que cette dérive se traduit parfois par des choix sélectifs de cas à dénoncer, des communications publiques orientées ou des alliances implicites avec des acteurs politiques, fragilisant la neutralité attendue dans le secteur.
Le GADH cite plusieurs événements impliquant RNDDH qu’il considère comme « emblématiques » de cette tendance. Parmi eux figurent le massacre de La Scierie à Saint-Marc en 2004, l’affaire Calixté Valentin et Octanol Dérissaint en 2012 qui, selon le rapport, auraient tous été instrumentalisés dans des discours ou procédures présentés comme des actions de défense des droits humains, mais qui, d’après le GADH, auraient servi des objectifs politiques ou judiciaires au-delà de la simple dénonciation des violations.
Le rapport mentionne également des accusations du secrétaire général de RNDDH, Pierre Espérance contre des hauts responsables de la Police judiciaire et des mises en cause récentes visant le secrétaire d’État à la Sécurité publique en 2026 dans des cas où la RNDDH aurait joué un rôle central ou influent.
« La défense des droits humains ne saurait être un instrument au service d’agendas partisans ou de luttes de pouvoir », insiste le rapport, rappelant que l’impartialité est la condition sine qua non pour protéger les victimes et garantir la justice. L’organisation appelle à une remise en question profonde du fonctionnement de ces structures et exhorte la société civile, les bailleurs et les acteurs institutionnels à exercer une vigilance accrue.
En conclusion, le GADH souligne : « La cause des droits humains est trop noble pour être détournée de son essence », avertissant que toute dérive compromet non seulement la crédibilité des institutions concernées, mais aussi la protection réelle des victimes.
Mario Jean-Pierre

