L’ancien Premier ministre Laurent Salvador Lamothe est sorti de son silence, le samedi 13 décembre 2025, pour répondre aux accusations récurrentes l’associant à de présumés détournements de fonds dans le dossier de la construction de centres et parcs sportifs, souvent désignés à tort comme les “25 stades” en Haïti. Dans une intervention publique largement relayée, il affirme vouloir rétablir les faits à partir de documents, de dates et de chiffres, face à ce qu’il qualifie d’« amalgames persistants ».
Au cœur de sa démonstration, Laurent Lamothe insiste sur une confusion volontaire ou entretenue entre de grands stades internationaux et des centres sportifs de proximité. « Quand nous parlons de stades, il ne s’agit ni du Maracanã au Brésil ni du Santiago Bernabéu en Espagne », a-t-il déclaré. Selon lui, comparer les coûts de ces infrastructures de renommée mondiale à ceux de terrains polyvalents haïtiens relève d’une lecture biaisée du dossier.
L’ancien chef du gouvernement avance que les centres sportifs construits ou réhabilités en Haïti coûtaient en moyenne entre 1 et 2 millions de dollars américains par site, incluant le terrassement, la clôture, les gradins, l’éclairage et les équipements de base. Il rappelle qu’il ne s’agit ni du Maracanã, dont la rénovation est évaluée à plus de 500 millions de dollars, ni du Santiago Bernabéu, estimé à plus de 800 millions d’euros. Pour M. Lamothe, ces chiffres illustrent « l’absurdité des comparaisons
Laurent Lamothe rejette par ailleurs toute implication contractuelle directe. Il soutient que les contrats relatifs à ces infrastructures ont été signés en dehors de son mandat, soit avant août 2012, soit après son départ en décembre 2014. « Mon gouvernement n’a fait qu’exécuter des projets déjà engagés par l’État haïtien », affirme-t-il.
Abordant la gouvernance du programme, l’ancien Premier ministre rappelle que le projet “Foutbòl pou Chanjman” était placé sous la supervision d’Olivier Martelly, fils de l’ancien président Michel Martelly. Il estime que cette responsabilité administrative est rarement évoquée, alors que les accusations se concentrent quasi exclusivement sur sa personne.
Enfin, Laurent Lamothe dresse un inventaire de plusieurs centres sportifs réalisés à travers le pays, notamment à Mirebalais, Ouanaminthe, Les Cayes, Jacmel ou Pétion-Ville, et déplore leur dégradation progressive, qu’il attribue à l’absence d’entretien sous les gouvernements suivants. Par cette prise de parole, il dit vouloir recentrer le débat sur des éléments vérifiables et appelle à une analyse rigoureuse, documentée et dépolitisée de ce dossier sensible.
Frantz Jean-Louis

