Face à l’impasse professionnelle à laquelle se heurtent de nombreux jeunes diplômés, souvent pénalisés par l’exigence d’une expérience préalable, le ministère des Affaires sociales et du Travail a officiellement lancé le vendredi 20 mars un programme de stage structuré destiné à faciliter leur insertion sur le marché de l’emploi.
Baptisé Dispositif national de stage obligatoire pour l’insertion socio-professionnelle des jeunes diplômés (DNSOIGED), ce programme vise à offrir une première expérience professionnelle aux jeunes issus des universités et centres techniques. La directrice générale du ministère, Marie Erolle Michel, a souligné que « l’objectif fondamental est de favoriser l’insertion socio-professionnelle des jeunes diplômés tout en répondant aux besoins réels des institutions en compétences qualifiées ».
Prenant la parole au nom des bénéficiaires, Paul Saint-Victor a salué une initiative « qui témoigne d’un engagement concret de l’État envers la jeunesse », estimant qu’il ne s’agit pas d’un simple geste symbolique, mais d’« un choix stratégique pour l’avenir du pays ».
Le ministre des Affaires sociales et du Travail, Mack Elie Nelson, a rappelé que « chaque année, des milliers de diplômés arrivent sur le marché sans perspective d’emploi faute d’expérience ». Selon lui, ce programme ambitionne d’offrir, sur une période de cinq ans, une opportunité à près de 20 000 jeunes. « C’est un investissement dans l’avenir de la jeunesse haïtienne », a-t-il insisté.
Les premiers résultats de la phase pilote sont jugés encourageants, avec environ 30 % des stagiaires déjà intégrés dans des institutions publiques. Une avancée que les autorités présentent comme un signal positif dans la lutte contre le chômage des jeunes.
Frantz Jean-Louis
