La recrudescence des enlèvements à Delmas et à Pétion-Ville alimente, depuis plusieurs jours, un climat de peur et de méfiance. Alors que le gouvernement martèle que la lutte contre l’insécurité demeure sa « principale priorité », l’arrestation de six policiers pour leur implication présumée dans des cas de kidnapping vient accentuer l’émoi au sein de la population.
Selon des informations concordantes, ces agents appartiennent à des unités spécialisées de la Police nationale d’Haïti (PNH), notamment le CIMO, l’UDMOI, la BOID et la DCPR. Ils sont soupçonnés d’avoir participé à la multiplication des enlèvements dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, en particulier dans la commune de Delmas. Parmi les personnes interpellées figure le policier Jean Baptiste Friendy, alias « Ti Solèy », issu de la 26e promotion et affecté au CIMO. Son épouse a également été arrêtée par la DCPJ dans le cadre de l’enquête en cours.
Ces arrestations sont intervenues au lendemain d’une réunion stratégique présidée par le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, le Dr Patrick Pélissier, avec le haut commandement de la PNH. Le secrétaire d’État à la Sécurité publique, Mario Andrésol, avait également pris part aux discussions. Les autorités ont assuré vouloir « renforcer les mécanismes de contrôle interne » et « sanctionner sans complaisance tout agent impliqué dans des activités criminelles ».
Si les forces de l’ordre affirment être en « mode offensif » contre les gangs, dont certains auraient tendance à se replier, la révélation d’implications internes fragilise davantage la confiance. Au sein de l’institution policière comme dans la population, l’inquiétude grandit face à l’ampleur d’une crise sécuritaire qui continue de secouer la zone métropolitaine.
Mario Jean-Pierre
