L’incapacité persistante des acteurs politiques haïtiens à s’accorder sur une formule de gouvernance après le 7 février plonge une nouvelle fois le pays dans une transition incertaine. À l’issue d’une rencontre tenue avec la CARICOM, aucune solution consensuelle n’a émergé. Face à cette impasse, le groupe des GPE de l’organisation régionale a fait savoir que, à partir du 7 février, Haïti sera dirigée par le Premier ministre, qui présidera également le Conseil des ministres.
Cette décision s’appuie sur l’article 28.1 du décret portant création et fonctionnement du Conseil présidentiel de transition (CPT), invoqué pour assurer la continuité de l’État. En pratique, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé demeure ainsi à la tête de l’Exécutif, dans un contexte marqué par une profonde méfiance entre les forces politiques et une absence criante de compromis.
Pour de nombreux observateurs, cette situation illustre une fois de plus la politique mesquine de certains dirigeants, davantage préoccupés par le calcul partisan que par l’intérêt collectif. Faute d’entente, le statu quo s’impose, laissant à l’Exécutif la responsabilité de gérer une transition déjà fragilisée.
Selon des informations disponibles, des dispositions sécuritaires particulières seront prises ce vendredi et samedi, tandis que les premières décisions issues de cette nouvelle configuration pourraient être annoncées le dimanche 8 février. Reste à savoir quelles structures institutionnelles sont déjà alignées pour accompagner le Premier ministre dans cette nouvelle phase de transition politique.
Frantz Jean-Louis
