Le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), avec le soutien technique et financier de l’UNESCO, a organisé, à Pétion-Ville, un atelier de deux jours (24 et 25 mars) consacré à l’alphabétisation, aux langues et à l’éducation non formelle. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la Revue Sectorielle Conjointe d’Éducation (RSCE) et vise à faire le point sur l’avancement du Plan Décennal d’Éducation et de Formation (PDEF) 2020-2030.
Cet atelier réunit de nombreux cadres du MENFP, en particulier ceux du Bureau du Secrétaire d’Etat à l’Alphabétisation et l’Éducation non formelle (BSE-AENF). Pegdy Fils-Aimé, Directeur exécutif de cette entité, a procédé à l’ouverture des travaux en insistant sur l’importance de la thématique abordée.
« L’alphabétisation, les langues et l’éducation non formelle ne sont pas seulement des objectifs éducatifs, mais surtout des leviers puissants pour l’inclusion sociale, la réduction des inégalités et l’amélioration des conditions de vie », a déclaré M. Fils-Aimé.
Sherley Dominique, représentante de l’Office National de Partenariat en Éducation (ONAPE), a pour sa part souligné les enjeux de l’alphabétisation en Haïti. « Les chiffres sont préoccupants en ce qui concerne les taux d’analphabètes et d’enfants qui restent encore en dehors de l’école. Cette situation constitue un frein au développement du pays et un obstacle à l’épanouissement des citoyens. Elle ne peut être acceptée ni ignorée », a-t-elle affirmé, en insistant sur la nécessité d’une action collective pour répondre à ce défi.
Jean Luc Tondreau, officier national éducation au Bureau de l’UNESCO à Port-au-Prince, a mis en avant l’éducation non formelle comme un élément de justice sociale. « L’éducation non formelle permet à ceux qui n’ont pas pu suivre une scolarisation formelle d’avoir une nouvelle possibilité d’apprendre et de mieux préparer leur avenir », a-t-il expliqué. Il a également précisé que les six objectifs de la RSCE seraient examinés pour cette thématique spécifique.
Cet atelier vise plusieurs objectifs, notamment l’évaluation des résultats obtenus entre 2020 et 2024, l’identification des obstacles rencontrés, ainsi que la formulation de recommandations pour améliorer la mise en œuvre du PDEF dans ce domaine.
Les discussions tenues au cours de ces deux jours devraient permettre d’identifier des pistes de solutions pour renforcer les efforts en matière d’alphabétisation et d’éducation non formelle, et ainsi favoriser une éducation plus inclusive en Haïti. Toutefois, les problèmes structurels, le manque de financement et l’instabilité politique ne pourraient-ils pas compromettre l’application effective des recommandations ? Comment assurer la faisabilité des initiatives dans un contexte aussi incertain ?
Maryne N. Louis-Jeune