En vertu de l’article 28.1 du décret du 3 avril 2024, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé assume pleinement , à partir de ce samedi 7 février 2024, la conduite de l’Exécutif, après l’expiration du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT) et malgré des tentatives internes visant à l’évincer.
Dans une adresse solennelle à la Nation, le chef du gouvernement a rappelé la portée symbolique du 7 février, qu’il décrit comme « un jalon fondamental de l’ordre constitutionnel haïtien », incarnant « la continuité républicaine, la souveraineté populaire et l’aspiration irréversible du peuple haïtien à vivre libre, en sécurité et dans la dignité ».
Reconnaissant les sacrifices consentis par les membres du CPT, il a admis que la transition reste inachevée, notamment à cause de l’insécurité persistante et de l’impossibilité d’organiser les élections. Pour autant, il se veut ferme : « La République ne cédera ni au découragement ni à la division. »
Le Premier ministre a réaffirmé une feuille de route claire articulée autour de trois priorités : sécurité, élections et redressement économique. Sur le plan sécuritaire, il promet une action résolue contre les gangs armés : « Ils seront traqués sans relâche », assurant que la PNH et les FAd’H agiront « avec rigueur, coordination et continuité » jusqu’à la reprise du contrôle du territoire.
Conscient de l’urgence sociale, Alix Didier Fils-Aimé annonce également un plan humanitaire immédiat visant à fournir aide alimentaire, soins de santé et abris aux plus vulnérables, soulignant que « sécurité et dignité doivent avancer ensemble ».
Dans un appel à l’unité nationale, il invite toutes les forces vives : partis politiques, société civile, secteur privé, diaspora à se rassembler autour d’un pacte républicain. Il sollicite aussi un appui international renforcé et durable.
Prenant un engagement solennel, le chef du gouvernement promet de conduire cette phase décisive « avec vérité, courage et fermeté contre la terreur », concluant : « L’heure du rassemblement a sonné. L’État reprend sa place. La vie doit reprendre. Haïti ne périra pas. »
Mario Jean-Pierre

