À l’approche du 7 février 2026, date hautement symbolique de l’histoire politique haïtienne, l’ancienne ministre des Affaires étrangères, Dominique Dupuy, a publié un texte sur son compte X, le dimanche 18 janvier 2026, mêlant mémoire historique, désillusion contemporaine et appel pressant à l’engagement citoyen. Intitulée Le temps des semailles, cette réflexion prend des allures de réquisitoire contre le Conseil présidentiel de transition (CPT), dont elle estime le bilan marqué par l’échec, l’abus de pouvoir et la spoliation.
Rappelant l’élan d’espoir qui avait porté le 7 février 1986, lendemain de la chute de la dictature des Duvalier, Dominique Dupuy déplore la transformation de cette date en un moment de deuil collectif. Selon elle, l’idéal de renouveau démocratique a cédé la place à une dérive politique prolongée, aggravée par l’insécurité, la pauvreté et l’effondrement des institutions. Elle refuse notamment que les 5.1 millions d’Haïtiens menacés par la famine soient réduits à de simples statistiques, et fustige le silence de certaines élites face à l’ampleur de la crise.
Sans détour, l’ancienne cheffe de la diplomatie haïtienne appelle la population à « se réveiller » le 7 février, date qu’elle présente comme la fin irrévocable du mandat du CPT. Elle exhorte les citoyens, en particulier les femmes et les hommes qu’elle qualifie de « de bien », à sortir de l’inaction et à investir l’arène politique afin de rompre avec ce qu’elle décrit comme un charlatanisme d’État.
Refusant le cynisme et la résignation, l’ancienne ambassadrice ambassadrice d’Haïti auprès de l’UNESCO plaide pour une nouvelle saison des « semailles démocratiques », fondées sur l’intégrité, la transparence et le patriotisme. Pour elle, le 7 février 2026 doit marquer non pas une illusion électorale de plus, mais le début d’un véritable processus de refondation nationale.
Mario Jean-Pierre
