Plusieurs leaders politiques ont tenu, ce mardi 24 février, une conférence de presse conjointe au nom du regroupement “Consensus Politique” pour dénoncer le Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections” conclu autour du pouvoir en place et annoncer une mobilisation nationale en défense de la souveraineté. Des représentants de différentes structures ont pris part à cette rencontre, affichant une volonté de coordination face à la conjoncture.
Dans son intervention d’ouverture, l’ancien sénateur Desras Simon Dieuseul a décrit « le carrefour difficile » dans lequel se trouve le pays. « Nous avons rencontré la presse pour réaffirmer notre position et clarifier certaines choses », a-t-il déclaré, évoquant « près de deux millions de déplacés ». Selon l’ancien ministre de la Planification, « la machine a changé de couleur, mais c’est le même moteur », dénonçant l’absence d’actions concrètes pour « stopper l’insécurité » et « débloquer les routes nationales ». Il a lancé un appel à la formation d’« un front du refus pour l’honneur et la souveraineté », tout en précisant : « Nous sommes ouverts au dialogue, mais nous ne négocierons pas la souveraineté du pays. »

Prenant ensuite la parole, l’ancien député Jonas Coffy a dressé un bilan sévère des quinze mois de gouvernance du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. « L’État s’est presque totalement effondré », a-t-il affirmé, évoquant une zone métropolitaine largement désertée par ses habitants. L’ancien ministre des affaires sociales a pointé l’absence d’élections et de référendum, malgré des fonds annoncés à cet effet. « Nous vivons une croissance négative, une inflation galopante et plus de 4,2 millions de personnes ne peuvent pas manger », a-t-il soutenu.
Enfin, l’ancien sénateur Moïse Jean-Charles a adopté un ton plus offensif. « Tous ceux qui complotent pour vendre le pays doivent s’en aller », a-t-il lancé, rejetant toute mainmise du secteur privé sur l’exécutif. Il a appelé les forces politiques et sociales à « faire front commun » et à mettre en place « un gouvernement bicéphale » pour sortir de la crise. « Nous préférons mourir debout que mourir à genoux », a-t-il conclu, annonçant la poursuite de la mobilisation.
Mario Jean-Pierre
