Le secrétaire d’État à la Communication, le Dr Jean Willio Patrick Chrispin, est intervenu le mercredi 11 mars 2025, pour sa première interview depuis son installation lors de l’émission Impasse diffusée sur Scoop FM. Au cours de cet entretien, il a, particulièrement, abordé la question de l’insécurité et les efforts que le gouvernement entend déployer pour rétablir l’ordre et protéger la population.
Selon lui, la lutte contre la violence armée doit s’appuyer sur une approche à la fois sécuritaire et sociale. Il a notamment insisté sur la nécessité de comprendre les réalités sociologiques qui poussent certains jeunes à rejoindre les groupes armés. « Il y a aujourd’hui des jeunes garçons et des jeunes filles qui se retrouvent dans ces groupes armés.
L’État doit comprendre la réalité sociologique qui s’est développée et travailler à leur désarmement, à leur réhabilitation et à leur réinsertion », a déclaré Jean Willio Patrick Chrispin.
Le secrétaire d’État a toutefois souligné que cette approche ne signifie pas l’impunité pour les auteurs d’actes criminels. Selon lui, la justice doit continuer à jouer pleinement son rôle.
« Il y a des personnes qui commettent des crimes. Celles-là doivent être jugées et condamnées. Mais même lorsqu’une personne est condamnée et se retrouve en prison, elle doit pouvoir bénéficier d’une formation afin de préparer sa réinsertion dans la société », a-t-il expliqué.
Jean Willio Patrick Chrispin a également mis l’accent sur les circuits économiques qui alimentent la criminalité organisée, notamment la contrebande et l’entrée illégale de marchandises dans le pays.
« Il existe des informations selon lesquelles plus de 4 000 conteneurs entreraient chaque mois dans le pays hors circuit douanier. Cela signifie qu’ils ne passent pas par la douane et échappent aux contrôles de l’État », a-t-il affirmé.
Selon ses estimations, ces pratiques pourraient constituer une source importante de financement pour les groupes armés. « Si l’on suppose qu’un paiement de 2 000 dollars est exigé pour permettre à un conteneur de passer, cela représenterait environ 8 millions de dollars américains par mois qui pourraient tomber entre les mains des gangs », a-t-il soutenu.
Pour le secrétaire d’État, l’État haïtien doit agir avec fermeté afin de mettre fin à ces circuits illégaux. « Un citoyen honnête doit exiger que l’État prenne ses responsabilités pour empêcher ces pratiques. Car cet argent permet aux gangs d’acheter des armes, des munitions et de terroriser la population », a-t-il déclaré.
Interrogé sur la question d’un éventuel dialogue avec les groupes armés, Jean Willio Patrick Chrispin a rappelé que la priorité du gouvernement demeure l’application de la loi et le renforcement des institutions chargées de la sécurité.
« Lorsqu’un bandit est arrêté, il doit être déféré devant un juge afin que la loi soit appliquée. Nous voulons un État fort, un État responsable, capable de défendre la nation et de protéger les citoyens », a-t-il conclu.
Frantz Jean-Louis
