À la suite du violent incendie survenu dans la nuit du samedi 24 janvier 2026 au marché Cluny, au Cap-Haïtien, le Collectif Défenseurs Plus a publié une note de presse exprimant sa solidarité avec les marchandes et marchands touchés par le sinistre, tout en interpellant l’État haïtien sur ses obligations.
Selon l’organisation de défense des droits humains, les informations recueillies sur le terrain et les images diffusées montrent « une scène de dévastation totale », marquée par la perte de biens matériels, la panique et une grande détresse parmi les victimes. Défenseurs Plus souligne que les femmes sont particulièrement affectées, « étant pour beaucoup entièrement dépendantes de ces activités pour subvenir aux besoins de leurs familles ».
Le collectif estime que l’incendie ne constitue pas seulement une catastrophe économique, mais aussi « une violation grave des droits humains fondamentaux », notamment le droit à la dignité, le droit au travail et le droit à la sécurité. Il situe cette tragédie dans « un contexte d’insécurité généralisée, de négligence des autorités et d’absence de mesures de prévention », qui aggrave la précarité de centaines de familles dans le département du Nord.
Dans sa note, Défenseurs Plus « condamne avec la plus grande fermeté toute forme de négligence, de complicité ou de défaillance des autorités » ayant pu conduire à cette situation. L’organisation réclame également « l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante, sérieuse et transparente » afin d’identifier les responsabilités, qu’elles résultent d’actions directes ou d’omissions.
Par ailleurs, le collectif exige que l’État haïtien assure un accompagnement légal, social et psychologique aux victimes, tout en mettant en place des mesures d’urgence, telles que des espaces provisoires et un accès à des financements. Rappelant les obligations constitutionnelles et internationales d’Haïti, Défenseurs Plus affirme rester mobilisé pour documenter les violations liées à cet événement et accompagner les victimes dans leur quête de justice.
Smolie N. Saint-Vil

