structure politique vient de voir le jour dans le paysage haïtien. Le Mouvement pour la Réconciliation et la Reconstruction Nationale (MORN), a été officiellement lancé le mercredi 2 avril 2025 à Pétion-Ville. Composé de personnalités issues du monde intellectuel et politique haïtien, dont le Dr Jean Palerme Mathurin et l’écrivaine Marie Alice Théard, ce mouvement se présente comme une alternative à la classe politique traditionnelle.
« L’heure est venue d’ouvrir une nouvelle page dans notre histoire nationale en lançant officiellement aujourd’hui le Mouvement pour la Réconciliation et la Reconstruction Nationale. Le MORN est une force politique engagée à rassembler toutes les forces vives du pays pour bâtir une Haïti unie, juste et prospère », a déclaré Jean Palerme Mathurin, membre du comité de coordination du MORN.
Face à la crise multidimensionnelle qui paralyse Haïti, le MORN se positionne comme une structure politique crédible et structurée pour refonder l’Etat et restaurer la gouvernance. Le mouvement préconise la transparence, la participation citoyenne et des réformes institutionnelles profondes afin de restaurer la stabilité du pays.
« Trop longtemps le pays et sa population ont souffert de l’instabilité. Notre nation est fragilisée par la corruption, l’injustice et l’exclusion. Le MORN se dresse comme un facteur fort et crédible, déterminé à restaurer et rebâtir l’Etat, rétablir la sécurité et relancer l’économie », a martelé le Dr Jean Palerme Mathurin.
Le programme politique du MORN repose sur plusieurs principes fondamentaux. La transparence et la redevabilité sont au cœur du projet, avec une gouvernance claire et une lutte active contre la corruption. L’inclusion et la participation citoyenne sont également mises en avant, impliquant les citoyens dans la prise de décisions publiques. Enfin, le respect de l’Etat de droit est un pilier essentiel, garantissant une justice indépendante et efficace.
Dans son offre politique, le MORN met en exergue plusieurs constats sur la situation actuelle du pays. Parmi eux : l’incapacité du pouvoir en place à rétablir l’ordre et la sécurité, la difficulté d’organiser des élections crédibles à court terme et l’instabilité chronique du système politique due à la multitude de partis. Le mouvement dénonce également les assassinats, massacres et entraves à la circulation sur le territoire national.
Sur le court terme, le MORN prévoit de mobiliser ses membres et la société pour renverser le pouvoir en place et instaurer un gouvernement de salut public dirigé par un juge de la Cour de cassation. À moyen terme, il aspire à structurer une plateforme politique de centre-gauche pour sortir Haïti des transitions politiques incessantes.
Le MORN s’inscrit dans une démarche visant à réduire le nombre de partis politiques et à organiser plus efficacement la scène politique haïtienne. Regroupant cinq grandes tendances, le mouvement ambitionne une meilleure structuration de la représentation politique. Jean Palerme Mathurin estime que limiter le nombre de candidats à la présidence entre trois et cinq serait un pas vers plus de clarté et de stabilité dans le processus électoral.
Le projet politique du MORN repose sur sept points clés, comprenant des réformes économiques et judiciaires, la décentralisation, la relance de la production nationale, le renforcement des institutions, la sécurisation des vies et des biens, la réconciliation nationale et la promotion d’une gouvernance transparente et efficace. Le mouvement entend transformer le système économique, exploiter les richesses nationales de manière plus équitable et restaurer la souveraineté du pays.
Critiquant la passivité des autorités face à la violence des groupes armés, le leader du MORN plaide pour une amélioration des conditions de vie en Haïti. « Nous devons briser les chaînes de la violence et relancer la production. Il est temps de donner une nouvelle orientation à notre pays », a-t-il conclu.
Jean-Samson Étienne