La présentation du bilan de première année du Directeur général de l’Office d’Assurance Véhicules Contre Tiers (OAVCT), Pierre Jean Raymond André, le jeudi 19 février dernier, suscite beaucoup d’interrogations. Là où l’opinion publique attendait des données précises : recettes collectées, évolution des dépenses, nombre de vignettes d’assurance émises, situation de trésorerie, elle a plutôt assisté à un véritable show médiatique. Une institution publique qui perçoit des fonds pour le compte de l’État ne peut se permettre une reddition de comptes aussi opaque.
L’année précédente, l’OAVCT avait communiqué des recettes avoisinant 1,2 milliard de gourdes malgré un contexte sécuritaire extrêmement difficile. Ce rappel ne vise pas à glorifier une gestion passée, mais à souligner qu’un bilan crédible repose d’abord sur des chiffres comparables, auditables et accessibles.

Pourquoi un an après l’installation de Pierre Jean Raymond André, aucune ventilation détaillée des recettes collectéespar linstitution, ni des charges de fonctionnement, n’a été rendue publique ? Combien l’institution disposait-elle en trésorerie à son arrivée ? Quel est le niveau actuel des comptes ? Quelle est la masse salariale réelle ? Combien de vignettes ont été effectivement vendues sur l’exercice écoulé ? Qu’en est-il des autres moyens légaux que dispose l’institution pour collecter des fonds ? Autant de questions fondamentales restées sans réponse claire.
Plus préoccupant encore, des voix dans lespace public évoquent les noms de Smith Augustin et de Frinel Joseph circulent avec insistance comme des “Gran manjè”, certains allant jusqu’à affirmer que l’OAVCT serait devenue leur « vache à lait ». À ce stade, ces accusations relèvent du débat public et demandent à être étayées par des faits. Mais l’opacité persistante autour des chiffres entretient les soupçons et fragilise la crédibilité de la direction.
« Je suis un homme de parole », a déclaré Pierre Jean Raymond André. Cette phrase, dans ce contexte, est vide de sens. En matière de gestion publique, la parole ne vaut que si elle est soutenue par des états financiers publiés, des audits indépendants et des réponses documentées aux interrogations légitimes des contribuables. Tant que lumière ne soit pas faite sur les recettes issues des vignettes d’assurance et sur l’utilisation des fonds, le bilan demeurera un discours sans preuves. Et les soupçons de corruption grandissent.
Mario Jean-Pierre
