Depuis le 1er janvier 2025, les forces de sécurité haïtiennes ont engagé une vaste offensive contre les gangs armés qui, durant plusieurs années, ont imposé leur loi sur une large partie du territoire national, notamment dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, l’Artibonite et le département du Centre. Cette nouvelle phase de la lutte contre l’insécurité marque une rupture avec l’immobilisme souvent reproché à l’État depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021.
Sous l’impulsion du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le discours sécuritaire s’est progressivement transformé en actions concrètes sur le terrain. La Police nationale d’Haïti, appuyée par les Forces armées d’Haïti et des unités spécialisées de répression des gangs, mène des opérations coordonnées visant à reprendre le contrôle des espaces stratégiques occupés par les groupes criminels. Des quartiers longtemps considérés comme impraticables font désormais l’objet de patrouilles régulières, tandis que des axes routiers essentiels sont progressivement sécurisés.
Les autorités mettent en avant une intensification des interventions, avec des opérations ciblées contre les bastions des gangs, des saisies d’armes et l’arrestation de plusieurs individus recherchés. Cette pression constante semble avoir un impact psychologique notable : après des années durant lesquelles la population vivait sous la peur permanente, le climat paraît évoluer, laissant entrevoir un rééquilibrage du rapport de force au profit de l’État.
Pour le chef du gouvernement, cette offensive n’a pas uniquement une vocation sécuritaire. Elle constitue un préalable indispensable à la relance institutionnelle et à l’organisation d’élections crédibles, condition essentielle au retour à l’ordre constitutionnel. La promesse de rétablir la sécurité et de remettre le pays sur les rails démocratiques est désormais présentée comme une priorité nationale.
Si les défis restent considérables et les résultats encore fragiles, la détermination affichée par les forces de l’ordre et les autorités politiques traduit une volonté claire : celle de ne plus céder de terrain aux gangs et de restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.
Frantz Jean-Louis

