Le remplacement du commissaire divisionnaire Jacques Ader à la tête de la Direction départementale de l’Ouest 1 (DDO-1) continue de susciter de vives réactions. Face aux rumeurs attribuant son départ à des considérations politiques liées à la lutte contre les gangs, le secrétaire exécutif du RNDDH, Pierre Espérance, apporte des précisions visant à y couper court.

Intervenant le jeudi 19 mars 2026 dans l’émission « Se sa Nou vle » animée par le journaliste Roudy Thomas Sanon, il a affirmé que Jacques Ader a été relevé de ses fonctions « pour indiscipline et manque de performance ». Une déclaration qui rejette certaines allégations présentant l’offcier comme une victime de son engagement contre les groupes armés.
Selon le secrétaire exécutif du RNDDH, le commissaire Jacques Ader « a manqué de ponctualité et d’assiduité lors de réunions importantes », et a montré « des signes de désengagement et de dépendance à un petit cercle de journalistes pour sa visibilité ». L’officier aurait également « besoin d’un encadrement pour se reprendre », et son remplacement « n’est pas un abus ».

Le défenseur de droits humains souligne néanmoins qu’« à aucun moment, il n’a été rapporté qu’il était en connivence avec des gangs ». Le coordonnateur rappelle que l’officier a déjà occupé la direction départementale de l’Artibonite à deux reprises et a bénéficié d’une courte expérience à la DDO-1, démontrant un certain capital de crédibilité auprès de l’opinion.
De son côté, la Police Nationale d’Haïti évoque des « ajustements stratégiques » dans le cadre du fonctionnement interne de l’institution, avec le commissaire divisionnaire Cantave Yvon installé en remplacement de Jacques Ader, dans une logique de redéploiement des ressources humaines.
Parallèlement, après le lendemain du départ du commissaire divisionnaire de la Direction départementale de l’Ouest 1, des unités de la PNH ont récemment mené une opération à Martissant, marquant la reprise du commissariat abandonné depuis près de cinq ans sous l’emprise du gang 5 Segond dirigé par le caïd Izo.
Dans ce contexte, les propos de Pierre Espérance invitent à dépasser les lectures simplistes et à replacer cette décision dans le cadre des exigences internes de la hiérarchie policière, tout en restant vigilants face aux tentatives de propagande visant à déstabiliser le pays et décourager les forces de l’ordre.
Mario Jean-Pierre

