Lors d’une conférence de presse tenue hier, les conseillers-présidents Edgard Leblanc Fils et Lesly Voltaire ont annoncé que « les procédures pour l’officialisation du remplacement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé sont en cours ». Cette initiative, lancée à moins de quinze jours de la fin de leur mandat au sein du Conseil présidentiel de transition (CPT), suscite controverse et interrogations.
« Le Conseil agit dans le respect de la souveraineté nationale et de ses prérogatives », a déclaré Edgard Leblanc Fils. Pourtant, cette soudaine posture nationaliste contraste avec vingt mois d’inaction face à l’insécurité généralisée, au blocage des processus électoraux et aux soupçons de corruption et de liens présumés avec des gangs.
L’absence de plusieurs conseillers signataires lors de la conférence affaiblit le message politique. Certains sont en effet cités dans des accusations graves jamais élucidées, renforçant les doutes sur la cohésion réelle du CPT.
À l’international, Lesly Voltaire a affirmé que « les décisions du Conseil ne peuvent être dictées par des puissances étrangères ». Cette position se heurte toutefois aux avertissements des États-Unis, qui ont mis en garde contre toute tentative de déstabilisation gouvernementale à ce stade critique de la transition, pointant la responsabilité du CPT dans l’aggravation des tensions institutionnelles.
Enfin, aucun grief précis n’a été présenté contre le Premier ministre, laissant penser que cette démarche relève moins d’une nécessité de gouvernance que d’un chant du cygne politique, visant à marquer les esprits et à séduire un peuple confronté depuis des mois à l’insécurité.
Alors que le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé et les forces de l’ordre semblent enfin trouver la formule pour combattre les gangs, à l’image des opérations menées à Bel-Air et Delmas 2, fief du chef de gang Jimmy Chérizier, cette initiative tardive du CPT apparaît davantage comme une diversion de fin de règne qu’une réponse aux urgences nationales.
Jean-Samson Étienne
