Dans un message publié ce samedi 24 janvier 2025 sur son compte X, l’ambassade des États-Unis en Haïti a réaffirmé son appui au gouvernement haïtien tout en dénonçant l’impunité persistante au sein de l’administration publique, qu’elle considère comme un facteur majeur de l’insécurité. Cette prise de position intervient dans un contexte de vives tensions politiques, alors que cinq membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) tentent d’obtenir le départ du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, à seulement une quinzaine de jours de la fin de leur mandat.

Le message américain a été diffusé au lendemain de la cérémonie de graduation de près de 900 cadets de la Police nationale d’Haïti, formés dans le cadre du programme « P4000 » soutenu par les États-Unis. Présent à l’événement, le chargé d’affaires américain, Dennis Hankins Wooster, a salué le rôle du chef du gouvernement dans les efforts de stabilisation du pays.
Le chargé d’affaires américain, Dennis Hankins Wooster« Nous réaffirmons notre soutien indéfectible à la Police nationale haïtienne », a déclaré M. Wooster, soulignant également « le leadership du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, essentiel pour les efforts de stabilisation du pays ».
Dans un ton particulièrement ferme, l’ambassade américaine a insisté sur la responsabilité des institutions publiques. « La stabilité et la sécurité nécessitent une surveillance et une responsabilisation. Les institutions étatiques doivent rendre des comptes pour la fourniture des services essentiels », a-t-il affirmé.
Washington a surtout dénoncé « l’impunité dont jouissent de nombreux fonctionnaires, qui ne font pas leur travail mais continuent à percevoir leur salaire et à bénéficier de privilèges », estimant que cette situation est « aussi néfaste pour la sécurité et la stabilité que l’impunité pour les crimes ».
Dans le contexte actuel, ce message est perçu comme un signal clair de la fermeté des États-Unis face aux manœuvres politiques visant à déstabiliser le gouvernement, au détriment de la lutte contre l’insécurité et du fonctionnement normal de l’État.
Frantz Jean-Louis

