Dans sa rubrique « M ap pale ; Kite m pale », diffusée ce samedi 10 janvier sur ses plateformes numériques, le Dr Jean Willio Patrick Chrispin s’est exprimé sur les perspectives politiques à l’approche du 7 février 2026, date censée marquer la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT). Il s’est dit favorable à la poursuite des négociations avec le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé au-delà de cette échéance, tout en excluant l’idée d’un maintien des neuf conseillers-présidents à la tête de l’État.
Pour M. Chrispin, l’année 2026 constitue une véritable date butoir. « Sécurité, stabilité et élections doivent impérativement être garanties en 2026 », a-t-il martelé, estimant que tout retard compromettrait davantage les acquis démocratiques. Dans ce contexte, il affirme que le CPT « ne dispose d’aucune légitimité politique ou morale pour révoquer le Premier ministre à moins d’un mois de l’échéance », soulignant que les conseillers-présidents « ont failli à la mission qui leur avait été confiée ».
Selon lui, la crise que traverse Haïti dépasse largement le cadre institutionnel. « Nous sommes face à une crise multifactorielle et multidimensionnelle. La question de la sécurité, de la stabilité et des élections ne peut être abordée de manière isolée », a-t-il déclaré. Il s’interroge également sur l’efficacité des modèles théoriques souvent invoqués dans le débat public. « Peut-on réellement appliquer des théories comme la consubstantialité ou l’intersectionnalité politiques dans un pays marqué par une instabilité chronique des comportements biosociopolitiques et des décisions de gouvernance ? », a-t-il questionné.
À l’approche du 7 février, Jean Willio Patrick Chrispin invite le CPT à faire preuve de responsabilité politique. « Le Conseil présidentiel ne devrait-il pas reconnaître son échec et écouter la voix de la sagesse en se retirant de la conduite directe des affaires de l’État ? », a-t-il avancé. Il estime que la poursuite des pourparlers avec des acteurs dont le mandat arrive à terme pourrait fragiliser davantage le processus de sortie de crise.
À l’inverse, le psychologue considère que le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé représente un cadre plus stable pour les discussions à venir. « En l’absence d’une alternative viable et consensuelle, beaucoup pensent qu’il serait préférable que le Premier ministre poursuive son action », a-t-il souligné, tout en reconnaissant que le débat sur la gestion des affaires courantes reste ouvert.
Enfin, Jean Willio Patrick Chrispin a évoqué l’attitude de la communauté internationale, notamment des États-Unis, pour qui la stabilité d’Haïti demeure un enjeu géopolitique régional. « Créer un vide institutionnel aujourd’hui pourrait déboucher sur une instabilité encore plus grave », a-t-il averti, appelant l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à une réflexion collective. En conclusion, il a insisté sur la nécessité d’un climat de dialogue : « La convivialité est consubstantiellement nécessaire pour sauver Haïti. »
Frantz Jean-Louis
