À l’approche du 7 février 2026, date marquant la fin du mandat des neuf conseillers-présidents, la plateforme KONBAPÈP (Konbit Baz Popilè pour Evolisyon ak Pwogrè) durcit le ton et propose une voie qu’elle qualifie de « légale, historique et crédible » pour sortir Haïti de l’impasse politique : le recours à la Cour de cassation.
Dans un communiqué signé de son cordonnateur Claudel Germain, ce jeudi 22 janvier 2026, la structure sociopolitique dresse un bilan sévère du Conseil présidentiel de transition (CPT). « Après 21 mois sans résultats, le CPT a échoué dans tous ses objectifs », affirme KONBAPÈP, évoquant l’aggravation de l’insécurité, l’expansion territoriale des gangs, l’absence d’élections et de référendum, ainsi que des accusations de corruption visant certains conseillers-présidents.

Face à ce constat, KONBAPÈP affirme que « la solution se trouve à la Cour de cassation », rappelant les précédents historiques des juges de la Cour de Cassation Ertha Pascal Trouillot en 1990 et de Boniface Alexandre en 2006. « Quand le pays était dans une impasse politique, la Cour de cassation a déjà joué un rôle d’arbitre », souligne la plateforme, qui estime que cette option est la seule capable de rétablir la confiance populaire.
Toutefois, l’organisation se montre catégorique quant aux scénarios alternatifs. « Nous ne tomberons pas dans le piège des politiciens sans scrupules ni dans les plans macabres d’anciens dirigeants qui veulent gérer Haïti comme une entreprise privée », avertit-elle. KONBAPÈP rejette explicitement toute solution basée sur des « pions », dénonçant « les joueurs de réserve et le plan B des anciens dirigeants échoués » visant à confisquer le pouvoir.
La plateforme plaide ainsi pour un président provisoire issu de la Cour de cassation, soulignant l’existence de « juges crédibles, honnêtes et impartiaux », citant notamment Frantzi Philemont et Lesly Jules. Pour KONBAPÈP, « remettre les clés de la présidence à la Cour » est une condition essentielle pour organiser des élections crédibles, restaurer la sécurité et replacer Haïti sur la voie démocratique en 2026.
Mario Jean-Pierre
