À l’initiative du Dr Jean Palerme Mathurin, leader du Mouvement pour la réconciliation et la reconstruction nationale (MORN), issu du regroupement MP-18, plusieurs groupements politiques ont scellé un protocole d’accord visant à promouvoir une solution haïtienne à la crise politique, à l’approche de l’échéance constitutionnelle du 7 février 2026. date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT).
Quatre regroupements politiques — le Grand Bloc du Peuple (GBP), l’Initiative du 24 avril 2025, l’Opposition plurielle et Accord Karibe — ainsi que deux partis et organisations de la société civile, DEHFI et MP-18, ont paraphé le document. Ensemble, ils se constituent en « Partenaires engagés pour une solution haïtienne », affirmant leur volonté de proposer une alternative nationale face à l’impasse politique actuelle.
Le protocole vise prioritairement à prévenir toute aggravation de la crise politique et sécuritaire. « Il s’agit d’éviter un vide institutionnel qui aggraverait le chaos sécuritaire et social », précise le préambule. À l’article 2, les signataires réaffirment leur attachement au respect strict de la date du 7 février 2026 comme « terme définitif du CPT et du gouvernement », tout en s’opposant « formellement à toute velléité de prolongation » de la transition en cours.
Sur le plan institutionnel, l’accord propose un exécutif bicéphale. « La nouvelle étape de la transition reposera sur une Présidence issue de la Cour de cassation, conformément à l’article 149 de la Constitution de 1987, et un Premier ministre de consensus », indique l’article 3. La désignation du chef du gouvernement devra se faire après « consultation obligatoire et formelle des entités signataires ».
Les parties annoncent également la création d’une équipe technique conjointe chargée d’organiser une passation pacifique du pouvoir, conformément à l’article 5. Elles s’engagent à une unité d’action, excluant toute négociation séparée, tout en laissant le protocole ouvert à l’adhésion d’autres acteurs politiques, sociaux et de la diaspora.
Frantz Jean-Louis
