Entre les revendications salariales des employés de l’Administration générale des douanes (AGD) et des soupçons de manœuvres de déstabilisation attribuées à des réseaux hostiles aux réformes en cours, le Directeur général Gérald Remplais semble avoir évité, de justesse, l’étau des réfractaires aux changements.
Un mouvement de protestation a été observé la semaine dernière dans plusieurs bureaux de l’AGD, où des employés ont dénoncé plusieurs mois d’arriérés de salaire. La mobilisation, qui a temporairement perturbé certaines activités administratives, a rapidement suscité de nombreuses réactions dans les milieux politiques et économiques.
Selon plusieurs employés rencontrés sur place, les revendications portaient essentiellement sur des retards de paiement accumulés depuis plusieurs mois. Dans un contexte économique particulièrement difficile, nombre d’observateurs estiment que ces doléances demeurent légitimes et appellent une réponse rapide des autorités compétentes.
Toutefois, au-delà de la question salariale, certains secteurs proches du pouvoir évoquent des tentatives de récupération politique du mouvement. Des sources gouvernementales estiment que des acteurs hostiles aux réformes engagées au sein de l’AGD chercheraient à exploiter ce climat de tension afin de fragiliser la direction de l’institution et, plus largement, accentuer l’instabilité politique du pays.
Depuis l’arrivée de Gérald Remplais à la tête de l’AGD, les autorités douanières mettent en avant plusieurs opérations ayant conduit à d’importantes saisies d’armes, de munitions et de marchandises illicites. Ces interventions, régulièrement présentées dans les bilans de l’institution, auraient affecté certains réseaux liés à la contrebande et aux trafics transnationaux, selon des responsables proches du dossier.
Le mouvement n’aura finalement duré qu’une journée, à la suite de discussions engagées au plus haut niveau de l’État sur instruction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Pour plusieurs observateurs, le Directeur général de l’AGD devrait poursuivre ses réformes. Ils estiment toutefois que le maintien de cette dynamique dépendra de sa capacité à résister aux pressions des réseaux de contrebande, là où plusieurs de ses prédécesseurs auraient fini par céder.
Mario Jean-Pierre
