À Delmas, le candidat à la présidence de la plateforme Viktwa, Wilner Joseph, a présenté sa vision politique en mettant l’accent sur la réconciliation nationale, le renouvellement de la classe politique et la nécessité de sortir du cycle des gouvernements de transition. Face aux critiques visant sa plateforme, il appelle ses adversaires à privilégier le débat sur les programmes plutôt que les attaques personnelles.
« M ap di nèg yo, yo pa bezwen pèdi tan yo, Viktwa a se pa Wilner, Viktwa a se moun Dèlma, moun Gonayiv, moun Okap, se jenès la, se pèp ayisyen an », a déclaré Wilner Joseph, rejetant ainsi l’idée que la plateforme se résumerait à sa personne.
Wilner Joseph a notamment réagi aux débats autour de l’histoire des Gonaïves et de la naissance de certains héros de l’indépendance. Il estime que ces polémiques constituent des « diversions ». « Yo pa bezwen fè divèsyon ni jeux de mots. L ap pi bon pou yo vin afwonte Viktwa a sou teren elektoral la ak pi bon pwogram », a-t-il lancé.
L’homme politique affirme par ailleurs que les critiques visant Viktwa s’inscrivent, selon lui, dans une résistance au renouvellement de la classe politique. « Yo pa vle nou pran plas nou sou echikye politik la, yo pa vle nou afime volonte nou. Yo toujou vle apre yo, se yo », soutient-il, appelant les jeunes à prendre davantage de responsabilités dans la conduite des affaires publiques.
Rompre avec les transitions
Pour le candidat, la création de Viktwa répond à la volonté de rompre avec certaines pratiques des gouvernements précédents et de proposer une autre orientation politique. « Nou kreye Viktwa se pou nou konbat tout sa ki pa bon. Nou kreye Viktwa se pou nou fè « rupture » ak modèl gouvènman pase yo », affirme-t-il.
La lutte contre l’insécurité figure également parmi ses priorités. Il dénonce les violences des gangs, qui provoquent déplacements et insécurité, mais critique aussi ce qu’il qualifie de « gang ak plim », visant certains journalistes ou acteurs des réseaux sociaux qu’il accuse de porter atteinte à la réputation de personnes sans disposer, selon lui, des prérogatives des institutions judiciaires. « Nou sipòte tout journalis, tout blogè serye », précise toutefois Wilner Joseph, tout en appelant les professionnels de l’information à exercer leur métier avec responsabilité.
Sur le plan politique, il rejette également les accusations présentant Viktwa comme une structure proche du gouvernement. Selon lui, la plateforme rassemble 52 partis politiques issus de différents horizons. « Viktwa se yon kowalisyon de 52 pati politik. Yo sòti de tout orizon avèk yon sèl objektif, chanjman pou Ayiti », affirme-t-il.
Pour le candidat à la présidence de la plateforme, la diversité des formations qui composent le gouvernement constitue, au contraire, la preuve d’un pouvoir mosaïque qui ne saurait soutenir une formation politique particulière dans une compétition électorale. Car, au sein de ce gouvernement de consensus, on retrouve, entre autres, le PHTK et Fanmi Lavalas, souligne-t-il.
Wilner Joseph appelle enfin le Conseil électoral provisoire (CEP) à prendre les dispositions nécessaires pour organiser les élections et demande au gouvernement de travailler à la réouverture des routes afin de permettre aux populations déplacées de regagner leurs quartiers et de circuler en sécurité.
Se présentant comme un « leader transversal », il place la réconciliation nationale au cœur de son projet. « Wout Viktwa se rekonsilyasyon nasyonal, se lapè, se pèmèt pèp la retounen al viv nan katye popilè yo, se devlope agrikilti, se kreye travay », a-t-il conclu, faisant de l’emploi, de l’agriculture, de la paix et du retour des populations déplacées des axes de sa démarche politique.
Mario Jean-Pierre
