Le Médiateur

Haïti-Crise : Alors que le carburant manque, le pays brûle pourtant

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Des pneus usagés en feu, des barricades de toutes sortes et des jets de pierres, voilà à quoi doit s’attendre toute personne empruntant la voie publique en cette période d’anarchie totale.

Une vive tension se développe depuis hier jusqu’à ce lundi 16 septembre 2019 dans plusieurs endroits de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, notamment à Pétion-ville, Delmas, Lalue, Carrefour et au Centre-ville. Cette tension se propage graduellement dans des villes de province.

Le principal motif de ces agitations : « Trouver du carburant à tout prix. »

 

Parlant de prix, voilà un nouveau sujet tabou en ce moment, dès qu’on discute de carburant en Haïti. On entend de toutes les mélodies, allant de 500 jusqu’à 2.000 gourdes pour un gallon, dépendamment de l’humeur du vendeur ou encore de la nature du deal.

Ainsi, se procurer quelques gallons de gazoline pour approvisionner son véhicule est devenu un luxe qu’on n’arrive pas à s’offrir même avec son argent en main. Au contraire, on risque de préférence de se faire tabasser lorsqu’on choisit de prendre  la ligne dans une station à essence.

En conséquence, la circulation automobile a fonctionné nettement au ralenti durant tout le week-end et très peu de stations-service ont pu délivrer de l’essence à des propriétaires et chauffeurs de véhicules et des conducteurs de taxi-motos.

D’autre part, un nouveau phénomène surgit en plein milieu de cette cacophonie : « le phénomène gallons jaunes ». Chaque motocycliste se trouve obligé d’accrocher son gallon jaune derrière son véhicule. Partout dans les rues, les gallons jaunes font des va-et-vient entre les mains de gens déambulant en quête du produit le plus rare en Haïti ces jours-ci : le carburant.

Que dit l’Exécutif face à cette chute vertigineuse vers le chaos ?

Alors que la situation s’empire, les promesses se multiplient. À cet effet, le Premier ministre démissionnaire Jean Michel Lapin avait annoncé la semaine dernière qu’une cargaison de 500 mille barils de carburant serait disponible à partir de ce lundi sur le marché. Mais malgré tout, point d’essence dans les pompes. Certains arrivent même à attribuer cette crise à un artifice du secteur privé au détriment de Jovenel Moïse. Cela sent la conspiration !

Selon le chef du Gouvernement démissionnaire, des mesures expresses sont déjà prises conjointement avec les importateurs qui ont confirmé pour ce 16 septembre, l’arrivage d’une quantité importante de gazoline pendant que de nouvelles cargaisons sont attendues au cours de cette semaine. Faut-il y croire ? Rien n’est sûr avec cette équipe gouvernementale.

Jean Michel Lapin demande aussi à la population de garder son calme et de ne pas céder aux manipulations politiciennes.

Toutefois, si le carburant se fait rare pour les propriétaires de véhicules à moteur, pour les brûleurs de pneus professionnels que les politiciens et les membres du secteur privé ont créés, point de panne de combustibles pour allumer leurs barricades.

 

 

Stevens Grégor Gabriel, dit L’Archange

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