L’ancien ministre Ronsard Saint-Cyr, conseiller stratégique de la plateforme politique Debloke, a défendu la candidature de Michel Martelly à la prochaine élection présidentielle, en mettant notamment en avant le bilan sécuritaire de son quinquennat et la nécessité de respecter les lois haïtiennes face aux sanctions visant l’ancien chef de l’État. Il s’est exprimé ce lundi 19 octobre 2026, lors de son passage à l’émission L’Impasse, sur Scoop FM.
Selon Saint-Cyr, Debloke, composée de onze partis politiques, a choisi son candidat à l’issue d’un processus interne auquel participaient sept prétendants.
Après le désistement volontaire de certains concurrents, Michel Martelly aurait remporté la primaire à l’unanimité. Le conseiller stratégique assure que l’ancien président dispose de l’expérience et de la popularité nécessaires pour briguer un nouveau mandat.
Pour défendre ce choix, l’ancien ministre a particulièrement insisté sur les conditions de sécurité entre 2011 et 2016. « La population circulait librement », a-t-il affirmé, en évoquant une situation qu’il jugeait très différente de celle que connaît actuellement le pays.
M. Saint-Cyr a également rappelé les programmes sociaux mis en œuvre sous l’administration Martelly, notamment Kore Etidyan, Timanman Cheri, Lekòl Gratis…, ainsi que les mécanismes de soutien aux petits entrepreneurs à travers des fonds publics mobilisés par le ministère du Commerce. Il a aussi évoqué l’organisation de deux carnavals par an expliquant la libre choix de circuler à travers tout le territoire national.
Interrogé sur les difficultés rencontrées par cette administration dans l’organisation des élections, il a avancé des contraintes constitutionnelles et économiques, auxquelles se serait ajoutée la résistance de l’opposition politique de l’époque.
Les sanctions face aux lois haïtiennes
La question des sanctions visant Michel Martelly a également occupé une place importante dans l’intervention. Pour Ronsard Saint-Cyr, l’examen de sa candidature doit se faire à la lumière des dispositions légales et électorales en vigueur en Haïti.
« Les sanctions bilatérales n’ont aucun effet sur la Constitution », a-t-il déclaré. Il a également estimé que les déclarations des ambassades ne pouvaient se substituer aux lois nationales, tout en contestant la fiabilité de certains rapports utilisés dans le débat public.
Face aux risques d’isolement international qu’une éventuelle présidence de Martelly pourrait entraîner, l’ancien ministre a maintenu sa position : « Nous croyons uniquement en la volonté du peuple haïtien. » Selon lui, le choix exprimé par les électeurs doit être respecté.
Debloke affiche ses ambitions
Sur la crise sécuritaire, Saint-Cyr a assuré que Debloke disposait d’un plan pour combattre les gangs, sans en détailler les mesures au cours de l’émission. Il a par ailleurs attribué l’aggravation de l’insécurité aux gouvernements qui ont succédé à celui de Martelly.
Le conseiller stratégique a également affirmé que la plateforme comptait vingt sénateurs, quatre-vingts députés et environ cinq cents élus locaux, notamment des maires et des CASEC. Il a cité plusieurs anciens collaborateurs de Jovenel Moïse parmi les personnalités ayant rejoint ses rangs, dont les candidats au sénat dans le Nord-est de Debloke Philomé, Walnick Pierre et Reynald Libérice de RED.
Debloke poursuivrait également des discussions avec d’autres structures politiques, notamment Rekonsilye, dirigée par Gary Bodeau, et le parti d’Edo Zenny.
En conclusion, Ronsard Saint-Cyr a invité la population à s’inscrire sur les listes électorales pour exercer son droit de vote.
Concernant une éventuelle exclusion de Michel Martelly, il s’est montré confiant, affirmant que la plateforme avait respecté les exigences du décret électoral et de la Constitution.
Mario Jean-Pierre
