Dans une correspondance datée du 23 mai 2023, adressée à l’ambassadeur du Canada en Haïti, André François GIROUX, le Nouvel Ordre Politique Haïtien (NOPH) adopte un ton critique à l’égard de la diplomatie canadienne et de son implication dans la gestion de la crise haïtienne, notamment dans la période post-Conseil Présidentiel de Transition (CPT).
L’organisation politique, qui se présente comme un regroupement de sensibilités diverses visant à proposer des alternatives de gouvernance, affirme vouloir « porter un regard critique sur le rôle joué par le gouvernement du Canada dans la persistance de la crise haïtienne ». Elle estime que la crise actuelle est aggravée par un double phénomène historique de « corruption / impunité » qu’elle décrit comme structurel dans l’État haïtien.
Dans la lettre, le NOPH reprend et commente les déclarations de l’ambassadeur dans une interview accordée le 11 mai 2026 à Ayibopost, où ce dernier aurait pointé du doigt « le rôle des élites et des autorités haïtiennes » dans l’affaiblissement des institutions. L’organisation dit partager en partie ce constat, évoquant « un lien causal entre le binôme corruption / impunité, la mauvaise gouvernance et la faiblesse de l’État ».
Toutefois, le mouvement élargit la critique à la communauté internationale. Il questionne la position du Canada, accusé d’avoir soutenu des acteurs politiques controversés. Le document évoque notamment « la dernière position du gouvernement canadien en supportant Monsieur Alix Didier Fils-Aimé », perçue par le NOPH comme « un plan concocté » ou « un coup d’État fomenté en douceur ».
Le texte va plus loin en mettant en doute la neutralité diplomatique, estimant que certaines attitudes pourraient être contraires aux principes de la Convention de Vienne. Le NOPH s’interroge : « Qu’est-ce qui motive la communauté internationale, en particulier le gouvernement du Canada, à soutenir un premier ministre démissionnaire ? »
Tout en maintenant une ouverture au dialogue, le NOPH rejette « toutes formes d’ingérences étrangères » et propose une alternative institutionnelle fondée sur un exécutif bicéphale, composé d’un président et d’un premier ministre de consensus, avec une feuille de route axée sur la sécurité, l’humanitaire et l’organisation d’élections.
En conclusion, l’organisation affirme croire encore à une issue nationale à la crise, en misant sur « des hommes et des femmes de bonne volonté, prêts à se sacrifier pour le redressement national », tout en appelant à une refondation politique profonde et encadrée.
Mario Jean-Pierre

