À l’approche des échéances politiques annoncées pour 2026, le Dr Jean Bony Alexandre, qui se présente comme un potentiel candidat à la présidence, revient sur l’expérience économique de la période 2004-2006, sous la présidence de son père, Me Boniface Alexandre. Il estime que cette séquence de l’histoire récente démontre qu’Haïti dispose encore de ressources humaines capables de contribuer à une relance économique et sociale.
Dans plusieurs prises de parole, Jean Bony Alexandre affirme que la situation actuelle n’est pas une fatalité. Il met particulièrement l’accent sur la croissance économique, la maîtrise de l’inflation, la production nationale et la création d’emplois. Selon lui, « on ne peut pas faire de pays sans recherche, innovation et surtout sans croissance économique ».
Le Dr Alexandre rappelle qu’en 2004, Haïti sortait d’une période de crise politique et économique profonde. Il soutient que les politiques mises en œuvre entre 2004 et 2006 avaient permis, selon les données qu’il attribue à la Banque de la République d’Haïti (BRH) et à l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI), d’améliorer plusieurs indicateurs macroéconomiques. Le Fonds monétaire international (FMI) confirme notamment qu’après le rétablissement de la discipline budgétaire en avril 2004 et l’arrêt du financement monétaire des déficits, l’inflation avait commencé à diminuer et la gourde s’était redressée.
Jean Bony Alexandre insiste également sur l’évolution du taux de change, qu’il situe autour de 45 gourdes pour un dollar en 2004 contre environ 35 gourdes en 2006. Il présente cette évolution comme l’un des principaux enseignements de cette période.
Pour lui, quatre facteurs continuent de peser lourdement sur l’économie haïtienne : la corruption, l’insécurité, l’inflation et la faiblesse de la production nationale. Il plaide ainsi pour un programme national de développement durable donnant la priorité à l’agriculture, à la sécurité, à la justice, à l’électricité, à l’éducation, à la santé et au tourisme écologique.
Le médecin et ancien diplomate estime également qu’Haïti doit développer une véritable « culture du résultat et du bilan ». Il appelle à tirer des leçons des expériences passées plutôt qu’à « inventer la roue », tout en adaptant les politiques publiques aux réalités actuelles, notamment aux enjeux liés aux nouvelles technologies et à l’intelligence artificielle.
Son discours s’inscrit ainsi dans une démarche de retour d’expérience. Jean Bony Alexandre affirme que lui-même et une équipe de compétences restent disponibles pour contribuer à la reconstruction du pays. Il laisse toutefois aux citoyens le soin de déterminer, au terme du processus politique, quelle vision et quels dirigeants ils souhaitent pour Haïti.
Ducarmel Mérisier
