À moins de deux mois de l’entrée en vigueur des nouveaux Codes pénal et de procédure pénale, prévue le 1er janvier 2027, le gouvernement haïtien a lancé une série de formations destinées aux acteurs de la chaîne judiciaire. L’initiative, portée par le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP), a débuté le mardi 3 novembre dans le but de préparer magistrats et policiers enquêteurs à l’application des nouveaux textes adoptés le 24 juin 2025.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre des orientations du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et vise notamment à renforcer les capacités professionnelles des institutions concernées. Selon le ministère, la réforme entend contribuer à la modernisation de la justice et à une meilleure protection des droits fondamentaux.
Lors du lancement, le ministre de la Justice a insisté sur la nécessité de placer « la personne humaine et le respect des droits fondamentaux au cœur de l’action judiciaire ». De son côté, Me Sabine Boucher, présidente de la Commission technique de coordination et d’élaboration du programme de formation, a mis l’accent sur la transformation des pratiques professionnelles, la coordination entre les différents intervenants de la chaîne pénale et le renforcement de la redevabilité.
Elle a également attiré l’attention sur les conditions matérielles nécessaires à la réussite de cette réforme, plaidant pour des infrastructures judiciaires adaptées et des ressources budgétaires suffisantes.
Cette première phase prévoit six sessions de formation jusqu’au 11 décembre 2026. L’objectif annoncé est de toucher 40 % des magistrats de première instance et 40 % des policiers enquêteurs. Les premières séances ont réuni 20 magistrats aux Cayes et 30 policiers à l’Académie nationale de Police, à Frères.
Le programme doit s’étendre progressivement, dès janvier 2027, aux magistrats de tous les degrés de juridiction et aux autres acteurs du système judiciaire. Les formations seront notamment dispensées par des formateurs issus du cycle de formation de l’École nationale de la magistrature de France, ainsi que par les avocats Me Jean Joseph Exumé et Me René Magloire, qui ont participé à la rédaction des nouveaux codes.
Au-delà de la formation des professionnels, l’application effective de ces textes constituera un test important pour les institutions judiciaires haïtiennes, notamment en matière de moyens, de coordination et de respect des garanties fondamentales.
Mario Jean-Pierre
