La lutte contre le recrutement des enfants et des jeunes par les gangs armés passe aussi par la création de perspectives économiques, éducatives et sociales. C’est le message défendu par Olivier Barreau ce mercredi 14 octobre 2026, lors d’un dialogue interactif consacré à la protection des jeunes contre la traite et l’exploitation par les groupes criminels, organisé à l’initiative de William O’Neill, expert désigné sur la situation des droits de l’homme en Haïti.
Au cours de cette rencontre tenue ce mercredi 14 octobre, Olivier Barreau a mis l’accent sur la nécessité de placer la jeunesse au cœur des stratégies de prévention de la violence et de reconstruction du pays. Selon lui, les réponses sécuritaires ne suffisent pas à elles seules pour réduire durablement l’influence des gangs, notamment auprès des jeunes confrontés à la précarité et à l’exclusion.
« On ne vaincra pas durablement les gangs sans offrir à la jeunesse haïtienne de vraies perspectives », a-t-il défendu, appelant à permettre aux jeunes de choisir entre autres la formation professionnelle, le travail et l’engagement citoyen, plutôt que de se retrouver exposés à la violence.
Dans cette perspective, il a proposé la mise en place d’un Corps des jeunes, destiné aux personnes âgées de 16 à 35 ans. Ce programme pilote, envisagé sur une période de trois ans, reposerait sur trois axes : la santé communautaire, le sport et l’éducation civique, ainsi que la formation professionnelle.
L’initiative viserait à mobiliser les jeunes au service de leurs communautés, à multiplier les possibilités d’insertion et à contribuer à la réhabilitation des espaces collectifs dans les quartiers. Sa mise en œuvre nécessiterait, selon la proposition présentée, une collaboration entre les pouvoirs publics, le secteur privé et les partenaires nationaux et internationaux
Pour Olivier Barreau, l’enjeu dépasse ainsi la seule question de la sécurité. Il s’agit également de reconstruire le lien social et de donner aux nouvelles générations les moyens de participer au développement du pays. « La jeunesse n’est pas le problème à résoudre : elle est l’une des principales forces sur lesquelles bâtir la solution », a-t-il soutenu.
À travers ce plaidoyer, il appelle à une approche qui associe prévention de la violence, formation et participation citoyenne, estimant que l’investissement dans la jeunesse constitue un levier pour favoriser la paix et préparer la reconstruction d’Haïti.
Frantz Jean-Louis
