Cinq ans après l’assassinat du président Jovenel Moïse, survenu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, le Collectif Défenseurs Plus renouvelle son appel en faveur de la vérité, de la justice et du rétablissement des institutions démocratiques. Dans une note de presse publiée ce 6 juillet, l’organisation estime que ce crime demeure « l’un des symboles les plus marquants de l’effondrement des institutions haïtiennes ».
Le Collectif déplore qu’en dépit des investigations menées en Haïti, « les auteurs intellectuels et l’ensemble des responsables de ce crime n’ont toujours pas été identifiés par la justice haïtienne ». Il salue toutefois le travail du juge Jean Denis Cyprien, chargé d’un supplément d’informations par la Cour d’appel de Port-au-Prince, et l’encourage à poursuivre son enquête « avec indépendance, impartialité et diligence afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire ».
Défenseurs Plus souligne également que les condamnations déjà prononcées aux États-Unis constituent une avancée importante dans la lutte contre l’impunité, tout en rappelant qu’elles « ne remplacent toutefois pas la responsabilité de la justice haïtienne de faire toute la lumière sur ce dossier et de poursuivre tous les responsables ».
L’organisation exprime par ailleurs sa profonde inquiétude face à la dégradation persistante de la situation sécuritaire et humanitaire. Elle rappelle que l’expansion des groupes armés, les déplacements forcés, les enlèvements et les violations des droits humains continuent de fragiliser la population.
Estimant que la sortie de crise passe également par le rétablissement de la légitimité démocratique, le Collectif appelle les autorités à publier rapidement un calendrier électoral crédible et à créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections « libres, honnêtes, inclusives et crédibles ».
Dans ses recommandations, Défenseurs Plus plaide notamment pour l’accélération de la procédure judiciaire, le renforcement des capacités de la justice haïtienne, une coopération internationale accrue contre l’impunité et la mise en œuvre d’un plan national de rétablissement de la sécurité afin de permettre à l’État de reprendre progressivement le contrôle du territoire.
Maxime Édouard

