L’organisation de jeunesse « Les 30 Initiateurs du 30 septembre 2025 » (I 30) entend renforcer la vigilance citoyenne sur la gestion des affaires publiques en Haïti. À l’occasion de son premier anniversaire, le mouvement a dressé un tableau sombre de la situation du pays et annoncé une série d’initiatives visant à surveiller les décisions gouvernementales et l’utilisation des fonds publics, lors d’une conférence de presse organisée à Pétion-Ville.
Dans une déclaration lue par sa responsable de communication, Magalie Boucicault, l’organisation a dénoncé les conditions de vie difficiles de la population, confrontée à l’insécurité, à la précarité économique et à la défaillance des services publics.
« Notre population est épuisée. Elle est déçue par des promesses qui s’évaporent à peine l’installation terminée. Plus encore, elle se sent profondément délaissée », a-t-elle déclaré, évoquant un sentiment d’abandon qui, selon le mouvement, touche une grande partie de la population.
Face à ce constat, I 30 estime que le contrôle de l’action publique ne doit pas se limiter aux périodes électorales. « Laisser les gouvernants agir sans surveillance équivaut à signer un chèque en blanc sur l’avenir de nos enfants », a affirmé l’organisation, qui plaide pour un mécanisme permanent de contrôle citoyen.
Le mouvement entend concentrer ses interventions sur trois principaux axes : la surveillance de l’État, la transparence dans la gestion des ressources publiques et la défense des populations marginalisées.
Dans le cadre de cette démarche, I 30 prévoit de mettre en place des comités de vigilance citoyenne et des plateformes de signalement afin de suivre l’utilisation des fonds publics. L’organisation annonce également son intention d’examiner les décisions administratives, les budgets votés et les projets annoncés par les autorités, tout en évaluant leurs retombées sur les conditions de vie des citoyens
« Si l’argent destiné aux écoles, aux hôpitaux ou à la sécurité est détourné ou gaspillé, les responsables seront pointés du doigt publiquement », a prévenu le mouvement.
S’adressant directement aux autorités, I 30 a lancé un avertissement sans équivoque : « L’état de grâce est terminé. » L’organisation affirme vouloir juger les responsables publics sur la base de leurs résultats plutôt que de leurs discours.
Le président de I 30, Thosh Brashler Luxama, et son responsable juridique, Walno Paul, figurent parmi les principaux dirigeants du mouvement sur la table de la confe. À travers cette initiative, l’organisation appelle également les citoyens à se mobiliser pour faire valoir leurs droits et réclamer davantage de transparence dans la gestion des affaires publiques.
« I 30 est votre outil, votre bouclier et votre haut-parleur », a déclaré le mouvement à l’endroit des populations qu’il entend représenter.
Mario Jean-Pierre

