Le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) a rappelé à l’Administration générale des douanes (AGD) qu’Haïti ne reconnaît aucun port sec ni aucun mécanisme de transbordement ou de transit de marchandises en provenance de pays tiers et destinées au marché haïtien sur le territoire de la République dominicaine.
Dans une circulaire adressée à l’AGD, le ministère précise que « l’État haïtien ne reconnaît, sur le territoire de la République dominicaine, aucun port sec ni aucun mécanisme de transbordement ou de transit de marchandises en provenance de pays tiers et destinées à la République d’Haïti ».
En conséquence, les marchandises en provenance de pays tiers et destinées au marché haïtien devront être acheminées directement vers les ports maritimes ou les aéroports internationaux d’Haïti. Elles devront être présentées aux services douaniers haïtiens, soumises aux contrôles requis et assujetties au paiement des droits et taxes applicables.
À travers cette mesure, les autorités veulent éviter que le territoire dominicain soit utilisé comme une plateforme de transit ou de transbordement permettant à des marchandises destinées à Haïti de contourner le contrôle douanier haïtien. Le MEF entend ainsi renforcer la traçabilité des importations et préserver les recettes publiques.
Le ministère précise toutefois que cette décision ne remet pas en cause le commerce transfrontalier de produits légalement fabriqués en République dominicaine. « Le commerce transfrontalier des marchandises légalement produites en République dominicaine demeure autorisé », indique la circulaire. Ces marchandises pourront continuer à entrer en Haïti par les points d’entrée terrestres officiellement autorisés, conformément aux dispositions douanières et commerciales en vigueur.
Dans le même temps, l’AGD est instruite de renforcer les contrôles aux frontières, en coordination avec les forces de sécurité et les autres autorités compétentes. L’objectif affiché est de lutter contre la fraude douanière et les trafics illicites, tout en protégeant les recettes de l’État et en contribuant à la sécurisation du territoire national.
Le MEF avertit enfin que toute violation de cette circulaire entraînera l’application des sanctions administratives et pénales prévues par le Code douanier et les autres dispositions légales en vigueur. La mesure place ainsi les autorités douanières face à la nécessité de renforcer la surveillance des flux commerciaux entre Haïti et la République dominicaine.
Mario Jean-Pierre
