Le 12 août dernier, la Journée internationale de la jeunesse a pris une résonance particulière dans la ville du Cap-Haitien. Plus d’un millier de jeunes réunis à l’Hôtel Villa Cana ont choisi de faire de cette date non seulement un moment symbolique, mais aussi une occasion de poser une question essentielle : que peut faire la jeunesse haïtienne face aux difficultés que traverse le pays ?
Selon Bendjy Tilias, ancien secrétaire d’État à la Communication, la Génération de la Rupture et du Réveil (GRR) entend proposer une nouvelle dynamique autour de la participation citoyenne. L’ancien responsable public, également juriste, défend une idée simple : les jeunes ne devraient pas être considérés uniquement comme les dirigeants de demain, mais comme des acteurs de la société d’aujourd’hui.
« La jeunesse doit participer dès aujourd’hui », a insisté le politologue Bendgy Tilias devant les participants majoritairement venus dans le département du Nord pour se réunir dans la cité christophienne, les appelant à sortir de la résignation et à s’impliquer davantage dans la vie nationale.
Au-delà du rassemblement, l’initiative pose une question plus large sur la place accordée aux jeunes dans la conduite des affaires publiques. Dans une société marquée par la crise, les divisions et la défiance, réunir étudiants, jeunes professionnels, artistes et représentants d’organisations autour d’un espace de dialogue constitue déjà un signal fort.
La GRR veut structurer cette démarche autour de trois axes : dialogue, mobilisation et engagement. L’objectif affiché est de rapprocher des jeunes issus d’horizons différents, de favoriser la réflexion collective et de transformer les idées en actions.
Mais le véritable test commence désormais. La mobilisation de Cap-Haïtien devra se traduire par une organisation capable de durer et de produire des résultats. Car pour la jeunesse haïtienne, prendre sa place dans la société ne peut plus se limiter à réclamer une place dans l’avenir. Elle doit aussi accepter d’assumer sa part de responsabilité dans le présent.
Mario Jean-Pierre

