La dissolution des Forces armées d’Haïti (FAd’H) continue de susciter des interrogations sur ses conséquences pour la sécurité nationale. Dans une déclaration publiée sur son compte X le mercredi 12 août 2026, Rénald Lubérice, secrétaire général de la structure politique Résistance démocratique (RED), revient sur cette décision et établit un lien avec la dégradation progressive du climat sécuritaire et la prolifération des groupes armés.
Selon l’ancien secrétaire général du Conseil des ministres sous la présidence de Jovenel Moïse, la disparition des FAd’H a contribué à créer un vide dans l’architecture sécuritaire du pays. « La dissolution des FAd’H constitue l’une des principales variables permettant d’expliquer l’effondrement progressif de l’appareil sécuritaire haïtien », soutient-il.
La décision de démanteler l’armée intervient en 1995, après le retour de Jean-Bertrand Aristide, renversé par un coup d’État militaire en septembre 1991.
Le général Raoul Cédras, alors à la tête des forces armées, avait dirigé la junte qui gouverna le pays pendant plusieurs années. Le processus de dissolution intervient dans un contexte marqué par les nombreuses accusations de violations des droits humains et d’ingérence politique imputées à l’institution militaire.
L’auteur du fameux ouvrage “Ce dont Boulos est le nom” estime néanmoins que les dérives de l’armée ne justifiaient pas sa disparition. « L’armée n’aurait pas dû être dissoute, mais assainie et réformée », écrit-il. Il rappelle qu’après la fin de l’occupation américaine, les FAd’H figuraient parmi les institutions haïtiennes les mieux organisées. Une note déclassifiée de la CIA, datant de 2008, les décrivait notamment comme « the best organized and most cohesive ».
Pour le secrétaire général de RED, l’absence d’une armée opérationnelle, combinée plus tard au départ de la MINUSTAH, a accentué le vide sécuritaire. Il évoque également la circulation massive d’armes dans certains quartiers et le développement de groupes armés.
Pour plusieurs observateurs, cette lecture demeure toutefois discutable. Car, selon eux, la crise sécuritaire haïtienne résulte de plusieurs facteurs : faiblesse institutionnelle, trafic d’armes, impunité, instabilité politique et insuffisance des capacités de la Police nationale d’Haïti. En remettant les FAd’H au centre de la réflexion, Rénald Lubérice relance néanmoins le débat sur l’organisation de la sécurité nationale et sur le rôle éventuel d’une force militaire aux côtés de la PNH.
Mario Jean-Pierre
