Le président salvadorien Nayib Bukele a réaffirmé, jeudi 29 octobre 2026, que la présence de son pays en Haïti ne répondait à aucune ambition territoriale ou néocolonialiste. Dans un message publié sur son compte X, le chef de l’État a défendu la mission salvadorienne, présentée comme une opération de sauvetage de quatre techniciens aéronautiques portés disparus après une attaque de gangs armés.
« Nous ne sommes pas une armée d’invasion et nous n’avons aucune intention néocolonialiste, ni quoi que ce soit de ce genre », a déclaré Bukele, précisant que son gouvernement disposait, selon lui, des autorisations nécessaires aux niveaux national et international pour mener cette mission.
Le président salvadorien insiste sur le caractère humanitaire du travail effectué par les quatre hommes. Spécialisés dans les évacuations médicales, ces techniciens ne constituaient pas, selon lui, des combattants engagés dans des opérations offensives. « Notre objectif est de les retrouver vivants », a-t-il affirmé, tout en promettant une réponse ferme contre les groupes armés responsables de leur enlèvement.
Dans son message, Bukele a également cherché à distinguer le peuple haïtien des organisations criminelles qui contrôlent plusieurs territoires du pays. « Nous ne sommes pas là pour combattre le peuple haïtien, qui est lui aussi un peuple frère. Nous sommes là pour combattre ceux qui le font souffrir », a-t-il insisté.
Évoquant l’expérience du Salvador confronté autrefois à une forte criminalité, il établit un parallèle avec la situation haïtienne. Il décrit une population vivant sous la menace permanente des gangs, qui imposent leurs règles jusque dans les activités commerciales et les déplacements quotidiens.
Le dirigeant assure toutefois que son pays n’entend pas s’installer durablement en Haïti. « Nous allons accomplir notre mission, puis nous repartirons comme nous sommes venus, sans rien emporter », a-t-il déclaré, rejetant toute volonté de contrôler les ressources naturelles ou les richesses du territoire haïtien.
Cette déclaration intervient alors que le déploiement des forces salvadoriennes en Haïti prend de l’ampleur. Selon Reuters, environ 2 000 militaires salvadoriens ont été envoyés dans le pays, dans le cadre des opérations liées à la recherche des quatre techniciens.
Reste à savoir dans quelles conditions cette intervention évoluera et si elle permettra de retrouver les quatre hommes, dont le sort demeure au centre des préoccupations.
Mario Hean-Pierre
