Port-au-Prince, le 9 juillet 2026 – L’Opposition Progressiste a publié ce jeudi une déclaration politique dans laquelle elle exprime son profond désaccord avec les orientations présentées devant le Conseil de sécurité des Nations Unies concernant la situation en Haïti. Selon cette organisation, les propositions avancées par les responsables de la FRSG s’éloignent des réalités du terrain et ne répondent pas aux attentes de la population en matière de sécurité, de gouvernance et de transition démocratique.
Dans son communiqué, l’Opposition Progressiste qualifie d’« irréaliste » l’objectif de récupération des territoires sous contrôle des groupes armés d’ici au 30 septembre 2028, estimant qu’un tel calendrier risque de prolonger la crise politique et institutionnelle. Elle soutient qu’une telle échéance repousserait de plusieurs années la tenue d’élections générales et le retour à un ordre constitutionnel normal.
Le mouvement critique également le renouvellement du mandat de la Force multinationale de soutien à la sécurité (FRSG), qu’il présente comme une mesure insuffisante pour répondre à la dégradation de la situation sécuritaire. Selon l’organisation, la persistance des violences armées dans plusieurs régions du pays démontre la nécessité d’une approche politique plus globale.
L’Opposition Progressiste rappelle par ailleurs que le mandat de l’actuel exécutif est arrivé à échéance le 7 juin 2026 et considère que la poursuite de la transition sous sa forme actuelle ne permet plus de répondre efficacement aux défis du pays. Elle appelle les différents acteurs politiques et institutionnels à privilégier une solution fondée sur le dialogue et le consensus national.
Une conférence politique nationale proposée
Comme principale voie de sortie de crise, l’Opposition Progressiste préconise l’organisation d’une conférence politique des acteurs nationaux réunissant les forces politiques, les institutions républicaines et les représentants de la société civile. Cette conférence aurait pour mission de définir un nouveau cadre de gouvernance transitoire.
Le mouvement plaide notamment pour :
la fin de l’exécutif actuel ;
la mise en place d’un Exécutif bicéphale chargé d’assurer un meilleur équilibre institutionnel durant la transition ;
l’élaboration d’une feuille de route consensuelle devant conduire au rétablissement de la sécurité, à la restauration de la confiance des citoyens et à l’organisation d’élections crédibles.
Appel à la mobilisation citoyenne
En conclusion de son communiqué, l’Opposition Progressiste invite les responsables politiques, les organisations de la société civile et l’ensemble des citoyens à s’engager en faveur d’une solution nationale à la crise. Le mouvement affirme que l’avenir d’Haïti dépendra de la capacité des acteurs à privilégier le dialogue, les réformes institutionnelles et l’intérêt supérieur de la nation.
Le document est signé par les membres de la commission de suivi de l’Opposition Progressiste, qui réitèrent leur volonté de contribuer à une sortie de crise reposant sur des institutions stables, la sécurité publique et le respect de la souveraineté nationale.
Stevens Grégor GABRIEL, dit l’Archange.: Analyste politique

