L’ancienne mairesse d’Arcahaie, Rosemila Petit-Frère, est au cœur d’une partie particulièrement sensible du dernier rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur Haïti. Dans le document S/2026/714, les experts décrivent des relations présumées entre l’ancienne élue, des chefs de gangs et certains acteurs politiques, économiques et sécuritaires.
Selon le Groupe, Rosemila Petit-Frère entretiendrait « de longue date » des relations avec plusieurs dirigeants de groupes armés associés à Viv Ansanm. Les experts lui attribuent également un rôle d’intermédiaire entre des gangs et différents milieux d’influence. Ces informations auraient, précise le rapport, été « corroborées par deux États Membres ».
Les enquêteurs de l’ONU s’intéressent notamment à ses communications avec Jean Gardy, alias « Pece Pim Pim », et Renel Destina, alias « Ti Lapli », chef de gang de Grand-Ravine. Dans les mois précédant la création de Viv Ansanm, en septembre 2023, Mme Petit-Frère aurait échangé à plusieurs reprises avec ces responsables de groupes armés.
L’accusation la plus sensible concerne des informations confidentielles sur les opérations de la Police nationale d’Haïti. D’après le Groupe d’experts, elle aurait transmis à « Ti Lapli », à trois reprises, des renseignements concernant des interventions imminentes de la PNH contre Grand-Ravine et d’autres groupes armés.
Le rapport évoque également des informations policières confidentielles que Mme Petit-Frère aurait obtenues grâce à des contacts au sein de la police, notamment sur Prophane Victor et Magalie Habitant. Les experts examinent aussi des flux financiers et affirment qu’une partie de fonds publics détournés aurait bénéficié à Mme Petit-Frère et qu’une autre aurait été transférée à Jean Gardy et à des membres de son groupe.
Trois entreprises enregistrées en Haïti sont citées dans cette partie du rapport : Centre Commercial, Groupe Radio Monopole 96.3 FM et Excel Travel. Les experts estiment que ces structures auraient été utilisées dans des opérations financières liées aux fonds en question.
Rosemila Petit-Frère conteste les constatations formulées contre elle. Le Groupe d’experts indique avoir examiné ses observations avant de maintenir ses conclusions.
À noter que ces éléments demeurent des constatations et accusations du Groupe d’experts de l’ONU et ne constituent pas, à eux seuls, une condamnation pénale de l’ancienne mairesse.
Mario Jean-Pierre

