L’ancien sénateur des Nippes, Nenel Cassy, est directement mis en cause dans le dernier rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur Haïti. Dans son rapport final, référencé S/2026/714, les experts affirment que l’ancien parlementaire aurait entretenu des liens avec plusieurs acteurs armés et utilisé ces réseaux pour servir ses intérêts politiques
Selon le rapport, Nenel Cassy, sénateur des Nippes à deux reprises, « a soutenu divers acteurs armés pour faire avancer son agenda politique et ses intérêts ». Les experts affirment également qu’il contrôlerait le groupe criminel « BLTS », opérant à Chalon, dans la commune de Miragoâne. Ce groupe est présenté comme impliqué notamment dans la détention illégale d’armes, les meurtres, les enlèvements contre rançon, les détournements de véhicules et les vols à main armée.
Le document va plus loin en attribuant à l’ancien sénateur un rôle dans la création de Fantôme 509, groupe armé apparu en 2018 et impliqué, selon les experts, dans des actes de violence, des incendies et des attaques contre des biens publics et privés.
Le Groupe d’experts affirme aussi que M. Cassy et ses associés auraient été impliqués dans une tentative d’enlèvement suivie de l’assassinat d’un diplomate haïtien en février 2021. Il lui est également reproché d’avoir planifié des attaques contre des infrastructures aéroportuaires à Port-au-Prince, aux Cayes et au Cap-Haïtien, ainsi que d’avoir organisé des réunions ayant conduit à des attaques visant à déstabiliser Kenscoff, en collaboration avec des acteurs de Viv Ansanm.
Le rapport indique en outre que deux États membres ont fourni aux experts des informations reliant Nenel Cassy à des gangs, notamment à travers la distribution d’armes à Gressier et son implication alléguée dans une attaque menée avec le gang Ti-Makak. Les experts citent également son soutien présumé au G-Pèp et au gang Kraze Barye.
Enfin, le Groupe affirme que M. Cassy aurait bénéficié de fonds détournés du Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement (BMPAD).
Ces accusations demeurent toutefois des constatations du Groupe d’experts de l’ONU et ne constituent pas une condamnation judiciaire. Le rapport précise que les investigations ont couvert la période allant d’octobre 2025 à juillet 2026.
Mario Jean-Pierre
