La candidature annoncée d’Assad Volcy suscite des débats dans le paysage médiatique haïtien. Journaliste de profession, originaire de Fonds-des-Nègres, l’homme politique a déjà été candidat au Sénat pour les départements des Nippes 2008-2009) et de l’Ouest (2016). Aujourd’hui, son éventuel retour dans la compétition électorale ravive comme jamais auparavant les discussions.
Des analystes et commentateurs politiques, dont Luckner Désir, dit Loucko, Rudy Sanon et Valéry Numa, abordent cette candidature notamment à partir de la présence de l’épouse d’Assad Volcy à la tête du ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE). Certains, démesurément. Cette situation soulève des questions légitimes sur d’intérêts cachés derrière ces critiques, mais mérite d’être examinée à la lumière des règles applicables et des faits établis.
Avec l’essor des réseaux sociaux, notamment Facebook, WhatsApp, Messenger et YouTube, les querelles entre ces figures médiatiques occupent une place croissante dans le débat public haïtien. Certaines polémiques vont jusqu’à donner lieu à des procédures judiciaires. Si les uns y voient une exigence de transparence, d’autres s’interrogent sur les intérêts politiques ou économiques voilés susceptibles d’alimenter ces affrontements.
Les accusations échangées entre plusieurs de ces commentateurs politiques, notamment au sujet de leurs supposées proximités politiques ou de leurs relations présumées avec des personnalités aux réputations douteuses et même des chefs de gangs, illustrent la difficulté de distinguer le débat d’intérêt public des règlements de comptes. De telles allégations doivent toutefois être examinées avec prudence et ne sauraient être considérées comme établies sans éléments vérifiables.
Ces polémiques peuvent certes fragiliser la crédibilité de ces journalistes. Toutefois, que l’on veuille ou non, elles contribuent aussi à attirer l’attention du public et à accroître leur visibilité sur les plateformes numériques, où l’audience peut représenter un avantage médiatique et commercial.
Dans ce contexte, faut-il voir dans les critiques visant Assad Volcy une simple interrogation sur les exigences de neutralité électorale ou un moyen de s’attaquer au commentateurs politique qu’il est devenu depuis 2017, en vue d’accroître leur audience ? En l’absence d’éléments probants, il convient de ne pas présumer des intentions de ces leaders d’opinions.
Dans les Nippes, des personnalités et organisations expriment leur souhait de voir Assad Volcy briguer un siège au Sénat, mettant en avant son expérience politique et ses liens avec sa région d’origine. Ces soutiens ne dispensent toutefois pas sa candidature de répondre aux exigences légales applicables.
La vigilance électorale reste indispensable : aucun candidat ne doit bénéficier indûment des ressources ou des moyens de l’État. Mais faut-il exiger la démission d’un haut fonctionnaire au seul motif que son conjoint participe à une élection ?
La transparence ne doit pas être négociable. Elle doit cependant s’appuyer sur des règles claires et des faits vérifiables. Le lien matrimonial, à lui seul, ne suffit pas à établir une irrégularité. L’enjeu est donc de concilier la prévention des conflits d’intérêts, la neutralité de l’administration et le droit de chaque citoyen remplissant les conditions légales de participer à la vie politique de son pays.
Frantz Jean-Louis
