L’ancien Premier ministre Jean-Henry Céant a annoncé avoir entrepris de nouvelles démarches contre l’ancien directeur général de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), Hans Jacques Ludwig Joseph, à la suite de sa révocation de la tête de l’institution. Dans un message publié le 9 juillet sur le réseau social X, il indique avoir saisi à la fois le Barreau de Port-au-Prince et la nouvelle direction de l’ULCC afin de relancer les plaintes qu’il affirme avoir déposées contre l’ancien responsable.
Selon Jean-Henry Céant, une correspondance a été adressée au bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince pour demander qu’une confrontation formelle soit organisée avant toute éventuelle réhabilitation de Me Hans Jacques Ludwig Joseph dans l’exercice de la profession d’avocat. « J’ai adressé ce 9 juillet 2026 une correspondance officielle au Barreau de l’Ordre des Avocats de Port-au-Prince afin de réitérer ma demande de confrontation dans le cadre des dénonciations que j’ai formulées à son encontre », a-t-il écrit.
Dans une autre lettre adressée à Goethie Varnelle Morency, récemment nommée Directrice générale de l’ULCC, l’ancien Chef du Gouvernement sollicite un audit de l’institution ainsi qu’un réexamen des dossiers traités sous l’administration de Hans Ludwig Joseph. Il demande notamment « l’ouverture d’une enquête sur son degré d’enrichissement, une analyse comparative de ses deux déclarations de patrimoine, ainsi que des investigations visant à identifier d’éventuels prête-noms ».
Jean-Henry Céant souhaite également que l’ULCC procède à « une vérification approfondie de l’origine des avoirs, des acquisitions immobilières, des comptes bancaires, des personnes physiques ou morales et de toute autre structure susceptible d’avoir servi à dissimuler un enrichissement illicite », en Haïti comme à l’étranger.
Dans son message, l’ancien Premier ministre affirme que sa démarche « s’inscrit dans une logique de cohérence et de redevabilité ». Il précise qu’elle vise à « faire toute la lumière sur les faits dénoncés, dans le strict respect des garanties procédurales et de la présomption d’innocence, afin de contribuer au renforcement de la crédibilité des institutions ou personnes chargées de la lutte contre la corruption en Haïti ».
À ce stade, ni Me Hans Jacques Ludwig Joseph, ni le Barreau de Port-au-Prince, ni la direction de l’ULCC n’avaient publiquement réagi aux démarches annoncées par Jean-Henry Céant. Ce dossier suscite toutefois un vif intérêt dans l’opinion publique, où de nombreuses interrogations demeurent quant aux allégations formulées.
Frantz Jean-Louis
