La dernière intervention de l’ancien Secrétaire d’État à la Communication, le Dr Jean Willio Patrick Chrispin, dans sa rubrique “M ap pale, kite m pale”, diffusée le mardi 21 juillet sur ses plateformes électroniques, alimente les débats autour de la prochaine présidentielle. Sans citer le moindre nom, l’ancien responsable public a lancé un plaidoyer en faveur de l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants, alors que le calendrier électoral, déjà finalisé, a été transmis le jeudi 23 juillet à l’Exécutif pour les suites de droit.
Au cœur de son intervention, le Dr Chrispin a plaidé en faveur d’une nouvelle génération d’hommes et de femmes pour la gouvernance du pays dans les élections à venir. « Jodi a, peyi a bezwen moun ki gen konsyans, eksperyans, ekspètiz ak fòmasyon pou sèvi nasyon an. Men sitou, nou bezwen yon jèn gason dinamik, konpetan, ki gen volonte pou retire Ayiti nan sitiyasyon li ye la jodi a », a-t-il déclaré.
L’ancien secrétaire d’État a également insisté sur la nécessité d’un renouvellement des pratiques politiques. « Nou bezwen yon Prezidan, depite ak senatè ki jwe wòl yo. Nou bezwen yon pouvwa egzekitif ki respekte angajman li pran devan pèp ayisyen an. Nou bezwen yon sistèm jidisyè ki rann jistis dapre lalwa ak Konstitisyon an. Chak pouvwa dwe jwe wòl li », a-t-il affirmé.
Si aucun nom n’a été prononcé, plusieurs observateurs estiment que ce portrait pourrait correspondre à Wilner Joseph, dont le nom circule avec insistance sur les réseaux sociaux comme potentiel candidat à la présidence. Selon des informations recueillies par Le Médiateur, l’ancien secrétaire d’État à la population, décrit comme un dirigeant pragmatique, discret, rassembleur et pacifiste, serait perçu par certains acteurs politiques comme une alternative au statu quo qui domine la vie publique haïtienne depuis près de quarante ans.
Proche collaborateur du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, Wilner Joseph avait également évolué dans l’entourage de l’ancien président René Garcia Préval au Palais national. Des sources concordantes indiquent qu’une plateforme regroupant plusieurs partis politiques ainsi que des organisations de la société civile serait en cours de constitution afin d’appuyer son potentielle candidature.
Dans son intervention, le Dr Chrispin a aussi évoqué l’éventualité d’une compétition ouverte entre les principales figures de la scène politique. « Eleksyon ap vini nan peyi a, e pral gen plizyè kandida pou prezidans… Men nou kwè Lakou Jakmel kapab prezante yon jèn lidè ki kapab fè fas ak tout lòt kandida yo », a-t-il déclaré, citant notamment d’anciens chefs d’État et d’autres personnalités susceptibles de briguer la magistrature suprême.
Pour l’ancien secrétaire d’État, l’enjeu dépasse les personnes. Il appelle à une gouvernance capable de « mete lapè, sekirite ak estabilite nan peyi a, retabli otorite Leta, ranfòse enstitisyon repibliken yo epi mete yo nan sèvis nasyon an ».
Si l’on doute encore que ce « jeune candidat » évoqué par le Dr Chrispin serait Wilner Joseph. Une chose est certaine : cette sortie médiatique a relancé les spéculations et introduit, dans un paysage politique largement dominé par les mêmes figures depuis plusieurs décennies, l’idée d’un possible nouveau souffle pour la présidentielle à venir.
Mario Jean-Pierre
