Une page de l’histoire politique française s’est tournée avec la disparition d’Édouard Balladur, ancien Premier ministre de François Mitterrand, décédé lundi 31 août à Paris à l’âge de 97 ans. À travers un hommage solennel, l’Observatoire Haïtien pour le Droit et la Liberté de la Presse (OHDLP) salue la mémoire d’un homme d’État dont la carrière aura traversé plus d’un demi-siècle de vie publique française.
Dans une déclaration signée par Alex Calas, directeur exécutif de l’OHDLP, journaliste, analyste sociopolitique et défenseur des droits humains, l’organisation exprime sa « profonde émotion » devant la disparition d’une personnalité qui, selon elle, « aura marqué la Ve République » par sa rigueur, son sens de l’État et son attachement aux institutions.
Né le 2 mai 1929 à Smyrne, aujourd’hui Izmir en Turquie, Édouard Balladur arrive en France durant son enfance. Après des études de droit et à Sciences Po, puis son passage par l’ENA, il intègre le Conseil d’État. Sa carrière prend une nouvelle dimension avec sa rencontre avec Georges Pompidou, dont il devient conseiller en 1964. Il participe notamment aux négociations des accords de Grenelle pendant la crise de Mai 68, avant de devenir secrétaire général de l’Élysée sous la présidence de Pompidou.
Alex Calas, dans son hommage au nom de l’OHDLP, rappelle que Balladur fut successivement « haut fonctionnaire, conseiller de Georges Pompidou, secrétaire général de l’Élysée, ministre de l’Économie, des Finances et de la Privatisation, puis Premier ministre ». Une trajectoire qui, selon l’organisation haïtienne, illustre « une conception exigeante de la gestion publique ».
Ministre de l’Économie durant la première cohabitation, de 1986 à 1988, Balladur conduit une importante politique de privatisations et défend une ligne économique libérale. En 1993, François Mitterrand le nomme Premier ministre. Il dirige alors le gouvernement durant la deuxième cohabitation de la Ve République, jusqu’en 1995. Son passage à Matignon est notamment marqué par une réforme des retraites et par une volonté affichée de maintenir la discipline des finances publiques.
Son parcours connaît cependant un tournant majeur avec l’élection présidentielle de 1995. Candidat face à Jacques Chirac et Lionel Jospin, Balladur est éliminé dès le premier tour avec 18,6 % des suffrages. Cette campagne provoque une rupture durable avec Chirac, jusque-là l’un de ses principaux alliés politiques.
Pour Alex Calas, directeur exécutif de l’OHDLP, l’héritage de Balladur ne saurait toutefois être limité à cet échec électoral ou à ses choix économiques. « Son parcours représente une partie importante de l’histoire politique française contemporaine », estime-t-il, soulignant un homme qui fut à la fois « un homme de gouvernement, un haut fonctionnaire, un parlementaire et un Premier ministre ».
Après son départ de Matignon, Balladur reste actif dans la vie publique et parlementaire jusqu’en 2007. Il préside également, à la demande de Nicolas Sarkozy, une commission consacrée à la réforme constitutionnelle. Son parcours est par ailleurs marqué par l’affaire Karachi, dans laquelle il est finalement relaxé en 2021.
Dans son message de condoléances, Alex Calas, au nom de l’OHDLP, adresse ses sympathies à la famille de l’ancien Premier ministre ainsi qu’à la nation française. L’organisation retient surtout « la mémoire d’un serviteur de l’État », attaché à la solidité des institutions, à la responsabilité publique et au fonctionnement de la République.
Au-delà des divergences politiques et des controverses ayant jalonné son parcours, l’OHDLP estime que la disparition d’Édouard Balladur constitue une perte importante pour la mémoire de la Ve République. Un héritage complexe, mais indissociable de plusieurs décennies de l’histoire politique, économique et institutionnelle de la France.
Mario Jean-Pierre
