La Plateforme Fron pou Rebati Ayiti (PFRA) a exprimé, dans un communiqué daté du 23 avril 2026, sa « plus vive préoccupation » face à la fermeture de l’Aéroport international Toussaint Louverture aux vols commerciaux internationaux. Officiellement justifiée par des impératifs sécuritaires, cette mesure suscite de vives inquiétudes quant à ses effets sur la connectivité d’Haïti.
Tout en reconnaissant « les défis immenses liés à la sécurité dans la zone métropolitaine », la plateforme estime que cette décision entraîne « l’isolement complet de la République d’Haïti et de ses 12 millions d’habitants du reste du monde ». Son coordonnateur général, Fitz-Evens Polony, met en cause une responsabilité institutionnelle qu’il juge manifeste : « Cette situation intolérable est le résultat direct (…) d’un échec institutionnel systématique qui porte un nom : l’OFNAC ».
Selon la PFRA, la paralysie du trafic aérien révèle des carences structurelles anciennes. « En plus de quatre décennies d’existence, l’OFNAC n’a élaboré et encore moins exécuté le moindre plan de développement d’infrastructures aéroportuaires alternatives », affirme le communiqué. L’organisation déplore notamment l’absence de plateformes régionales capables de prendre le relais de Port-au-Prince en cas de crise, citant des villes comme Les Cayes, Jérémie ou Jacmel.
« Quand l’Aéroport Toussaint Louverture s’éteint, Haïti disparaît de la carte aérienne mondiale », souligne la PFRA, qui dénonce « une incapacité chronique à transformer le secteur aérien en moteur de développement économique ». Elle établit, en parallèle, une comparaison avec la République dominicaine, présentée comme un exemple de diversification réussie des infrastructures aéroportuaires.
Face à ce qu’elle qualifie de « faillite systémique », la plateforme appelle à une « restructuration immédiate et en profondeur » de l’Office national de l’aviation civile (OFNAC), ainsi qu’à l’élaboration urgente d’un plan directeur national visant la modernisation d’au moins cinq aéroports régionaux. Elle réclame également « la publication transparente d’un calendrier de réouverture » de l’aéroport de Port-au-Prince.
« Un pays qui ne peut plus être relié au monde (…) est un pays en asphyxie », conclut la PFRA.
Mario Jean-Pierre
