Face aux débats suscités par la présence d’une mission interministérielle du gouvernement au Cap-Haïtien, les autorités cherchent à clarifier la portée de leur intervention et à dissiper certaines interprétations jugées erronées. Dans une déclaration officielle, le Secrétaire d’État à la Communication, le Dr Jean Willio Patrick Chrispin, a tenu à replacer cette démarche dans un cadre d’action structurée.
« Les préoccupations exprimées dans l’espace public traduisent une réalité que nous ne saurions ignorer », a-t-il reconnu, en référence aux difficultés persistantes de la deuxième ville du pays. Il a notamment évoqué « une urbanisation rapide et un déficit historique d’investissements publics », tout en appelant à une lecture plus nuancée de l’action gouvernementale.
Sous l’impulsion du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, une mission interministérielle d’urgence a été déployée dans le département du Nord. Elle regroupe plusieurs institutions clés, dont le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, le ministère des Travaux publics, Transports et Communications, ainsi que le ministère de l’Environnement.
Selon le Dr Chrispin, il ne s’agit pas d’une opération symbolique. « Il ne s’agit pas d’une démarche symbolique, mais d’une intervention structurée », a-t-il affirmé, insistant sur la nature opérationnelle des actions engagées.
Ces interventions concernent plusieurs secteurs prioritaires : le curage des canaux, l’assainissement urbain, la gestion des déchets, la réhabilitation des infrastructures routières — notamment la route Cap-Haïtien–Limbé — ainsi que le renforcement des collectivités territoriales.
Les autorités soutiennent que les ressources nécessaires sont disponibles et que les mécanismes d’exécution ont été accélérés afin d’obtenir des résultats dans des délais raisonnables. « Les ressources nécessaires à ces interventions sont disponibles », a assuré le Secrétaire d’État, précisant que des dispositions ont été prises pour garantir leur mise en œuvre dans le respect des normes.
Tout en appelant à la patience, le Dr Chrispin insiste sur la responsabilité collective. « La réussite de ces actions repose également sur la collaboration de tous », a-t-il indiqué, soulignant la nécessité d’un engagement conjoint des institutions et des citoyens.
Dans un contexte marqué par la circulation de nombreuses informations, il met également l’accent sur la communication publique. « Nous ne sommes pas dans une logique d’annonce, mais dans une dynamique d’action », a-t-il déclaré, affirmant la volonté du gouvernement de lutter contre la désinformation et de maintenir un climat de confiance.
Enfin, il a appelé à dépasser les clivages. « Plutôt que d’opposer les critiques aux initiatives, nous appelons à une mobilisation collective », a conclu le Dr Jean Willio Patrick Chrispin, estimant que seule une approche coordonnée permettra d’apporter des solutions durables aux défis du Cap-Haïtien.
Mario Jean-Pierre
