Dans une déclaration conjointe, des forces politiques et sociales se réclamant de l’opposition progressiste contestent la légitimité du Gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé et exigent son départ au plus tard le 7 juin 2026. Dans ce document, les signataires estiment que la transition annoncée a « dérivé vers une confiscation illégitime du pouvoir », en rupture avec la Constitution et les attentes populaires.
L’opposition affirme que le Chef du Gouvernement se serait maintenu au pouvoir « au-delà de l’échéance du Conseil présidentiel de transition », en invoquant « de manière fallacieuse et dévoyée l’article 149 de la Constitution ». Selon elle, « même dans une lecture interprétative extrême, la vacance de la présidence ne peut excéder 120 jours », ce qui rendrait « irrévocable » la date du 7 juin 2026 comme terme du pouvoir actuel. Toute prolongation serait, selon les signataires, « une rupture totale avec la légalité ».
Le texte revient également sur le pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, qualifié d’« instrument d’exclusion ». « Ce pacte a servi de paravent à une gestion solitaire et opaque des affaires de l’État », dénoncent-ils, accusant ses promoteurs d’avoir fermé la porte à une concertation nationale inclusive. L’opposition évoque en outre « l’incompétence et le népotisme » au sein du cabinet ministériel, qu’elle décrit comme « incapable de répondre aux besoins élémentaires de la population ».

Sur le fond, les signataires dressent un bilan sévère, estimant que la mission centrale du gouvernement, rétablir la sécurité et organiser des élections, est un « échec total ». « Les gangs armés contrôlent le territoire » et le processus électoral « reste au point mort », affirment-ils, évoquant une situation qui alimente la défiance et l’instabilité.
Face à ce qu’ils considèrent comme la « fin de l’expérience Fils-Aimé », les opposants structurent leur riposte autour de trois axes : l’exigence du départ du Gouvernement le 7 juin, la dénonciation de l’« opportunisme » des signataires du pacte, et l’annonce de la création d’un pouvoir exécutif bicéphale parallèle, composé d’un président et d’un premier ministre. Cette structure aurait pour priorités « la reprise du contrôle du territoire » et « l’organisation d’élections crédibles ».
Jean-Jacky Montilus

