L’ancien Premier ministre haïtien Laurent Salvador Lamothe appelle Washington à revoir son approche de la crise sécuritaire en Haïti. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il salue la décision de l’administration Trump de mettre fin, selon lui, à une politique américaine qui, depuis 1995, aurait privilégié le soutien à la Police nationale d’Haïti (PNH).
« Seule une armée haïtienne forte constitue la solution à long terme à la crise des gangs », affirme l’ancien Chef du Gouvernement. Il préconise la constitution d’une force de 10 000 à 15 000 militaires, qui devrait, selon lui, être « équipée, formée et déployée rapidement » afin de sécuriser les zones reprises aux groupes armés par la Force de suppression des gangs (GSF).
Pour appuyer son plaidoyer, Laurent Salvador Lamothe renvoie implicitement à une période complètement sécuritaire différente de celle que traverse aujourd’hui le pays. À la tête du Gouvernement de mai 2012 à décembre 2014, Laurent Lamothe avait dirigé le gouvernement sous la présidence de Michel Joseph Martelly.
Durant cette période, les activités économiques et sociales restaient largement fonctionnelles. Les établissements nocturnes continuaient leurs activités, les déplacements entre leps régions étaient possibles et le secteur touristique connaissait une progression. Les données disponibles font également état d’une éradication quasi-totale des enlèvements durant son administration
Son intervention intervient aujourd’hui dans un contexte où les gangs contrôlent de vastes portions du territoire et où les autorités haïtiennes, avec l’appui international, cherchent une réponse durable. Le plaidoyer de Laurent Lamothe remet ainsi au centre du débat la question du rôle que devrait jouer l’armée dans la stratégie sécuritaire nationale et, plus largement, dans l’orientation de la politique américaine en Haïti.
« Sinon, le problème restera toujours là », conclut l’ancien Premier ministre.
Mario Jean-Pierre
