Après un an de black-out, l’État prouve que la province n’est pas une périphérie oubliée
La remise en marche de la centrale hydroélectrique de Gaillard (500 KW) à Cayes-Jacmel, après plus d’un an de silence, n’est pas un simple fait technique. C’est un acte politique clair.
Dans un pays où l’énergie est le symbole même de la souveraineté et du développement, ce rétablissement envoie un message fort aux populations du Sud-Est : l’État ne les abandonne pas. Trop souvent reléguées aux oubliettes des priorités nationales, les villes de province, et particulièrement ce département frontalier et vulnérable, attendaient des actes, pas des promesses.

Le gouvernement assume ici sa volonté de restaurer les services essentiels là où ils sont vitaux. Ce n’est pas un cadeau, c’est un dû. Et si la société civile salue ce geste, c’est parce qu’elle y voit la preuve que l’exécutif entend rompre avec la logique de l’abandon pour adopter celle de la continuité républicaine.
Gaillard ne redonne pas seulement de la lumière à Cayes-Jacmel. Il éclaire une ambition : faire de l’énergie un levier de résilience et de justice territoriale. En province, l’électricité, c’est le pouvoir de vivre, de travailler et d’espérer. Le gouvernement l’a compris. Reste à faire de cette reprise un premier pas, et non une exception.
Carl Fritz Eugène
