Dans une lettre ouverte adressée le 7 août 2026 au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, la Résistance Démocratique (RED) interpelle le Gouvernement de transition sur sa neutralité dans la perspective des prochaines élections. L’organisation politique dit craindre que l’implication de proches du chef du gouvernement dans la compétition électorale ne compromette la confiance dans le processus.
D’entrée de jeu, la RED pose une question au Premier ministre : « Ki jan w t ap santi w si w t ap patisipe nan yon konpetisyon kote federasyon an gen pwòp ekip pa l? » Pour l’organisation dirigée par Rénald Lubérice, cette situation s’apparenterait à celle d’un arbitre engagé dans la compétition qu’il est chargé d’organiser.
La RED rappelle que le Gouvernement actuel n’est pas issu d’une élection et qu’il exerce un pouvoir de transition dont la mission première est, selon elle, de créer les conditions permettant aux citoyens de choisir librement leurs prochains dirigeants. Elle estime ainsi que cette responsabilité impose « une neutralité politique réelle, démontrable et perceptible ».
L’organisation met également en avant le contrôle exercé par l’exécutif sur les ministères, les organismes publics et l’administration territoriale. Elle demande que des mécanismes permettent de vérifier la neutralité de ces structures durant la période électorale.
Dans sa lettre, la RED formule trois principales exigences : la stricte neutralité de l’administration publique, la dissolution du groupement politique récemment formé autour du Premier ministre et le renoncement de ses proches à participer au scrutin. Elle réclame également des garanties institutionnelles indépendantes contre l’utilisation des ressources publiques à des fins électorales.
« Le pouvoir confié pour organiser la compétition ne peut devenir l’avantage de ceux qui ambitionnent de la gagner », écrit la RED.
L’organisation prévient enfin qu’Haïti ne peut se permettre « une nouvelle élection dont la contestation serait inscrite dans le processus avant même l’ouverture des bureaux de vote ». Elle affirme vouloir, par cette démarche, contribuer à protéger le processus électoral plutôt qu’à en contester par avance les résultats.
Jean-Samson Étienne

