Invité de l’émission Premyè Okazyon sur Caraïbes FM, le vendredi 3 juillet 2026, l’ancien président du Sénat, Dieuseul Simon Desras, qui figurait parmi les opposants au pouvoir de Michel Martelly, a reconnu que Laurent Lamothe avait obtenu des résultats dans la lutte contre l’insécurité, tout en adressant de vives critiques aux autorités de la transition.
Revenant sur la période où Laurent Lamothe dirigeait la Primature, M. Desras a estimé que les divergences politiques ne devraient pas empêcher de reconnaître certaines réalisations. « Ce n’est pas parce qu’on est un opposant politique qu’on ne doit pas dire la vérité. Laurent Lamothe avait réussi à contenir l’insécurité. Il faut que j’aie le courage de le dire », a-t-il déclaré. Selon lui, l’ancien Chef du Gouvernement avait également pris des mesures contre des personnalités considérées à l’époque comme intouchables, ce qui aurait contribué à son départ de la Primature.
L’ancien président du Grand Corps est aussi revenu sur les allégations selon lesquelles des sénateurs auraient été rémunérés pour voter la ratification de Laurent Lamothe comme Premier ministre. Réagissant aux déclarations de l’ancien sénateur Anacacis Jean Hector, il a rejeté toute implication personnelle. « Desras n’était pas dans cette affaire. Il faudrait être très téméraire pour prétendre le contraire », a-t-il affirmé, reconnaissant toutefois que la séance de ratification s’était déroulée dans un climat de fortes tensions politiques et de nombreuses tractations.
S’exprimant au nom du Consensus pour le développement national et le redressement de la transition, Dieuseul Simon Desras a ensuite critiqué la conduite de la transition. Il soutient que le délai constitutionnel prévu par l’article 149 pour l’organisation des élections est dépassé et a plaidé pour un gouvernement bicéphale en remplacement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et son équipe.
Sur le plan sécuritaire, l’ancien sénateur a estimé que les autorités actuelles ont échoué face à la violence des groupes armés. Il a notamment évoqué la situation à Kenscoff, Mirebalais, dans l’Artibonite ainsi que dans plusieurs quartiers de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, où l’insécurité demeure préoccupante.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où le bilan des gouvernements successifs continue d’alimenter les débats. En reconnaissant publiquement certains résultats obtenus sous Laurent Lamothe malgré son opposition d’alors, Dieuseul Simon Desras apporte un éclairage qui relance les discussions sur les politiques de sécurité mises en œuvre en Haïti au cours de la dernière décennie.
Jean-Samson Étienne

