L’Opposition Progressiste à travers différentes notes en publication sur la toile dénonce en 3 points l’incapacité de l’actuel Gouvernement à réaliser des élections dans le pays et propose l’unique alternative de sortie de crise…
La question électorale demeure au cœur des préoccupations de nombreux citoyens haïtiens. De nombreuses voix s’interrogent aujourd’hui sur les conditions nécessaires à la tenue d’élections crédibles, inclusives et sécurisées. Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, institutionnels et socio-économiques importants, le débat sur l’organisation des prochaines élections continue d’alimenter les discussions au sein de la société.
Partant de ces constats et prévoyant la catastrophe politique qui s’apprête à s’abattre sur le pays, les Structures constituant l’Opposition Progressiste Haïtienne lèvent la voix afin de dénoncer cette dérive politique et éviter le pays de sombrer plus profondément dans ce marasme.
1- Les Conditions sécuritaires ne sont pas du tout favorables aux élections
Parmi les principales préoccupations soulevées figurent la question de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, la libre circulation des électeurs, ainsi que la capacité des autorités compétentes à assurer la sécurité de la population et le bon déroulement des opérations électorales.
Pas plus tard que le lundi 15 juin 2026, devant le Conseil des Droits de l’Homme à Genève, le Haut Commissaire des Nations Unies aux
Droits de l’Homme a lancé une dernière alerte sur l’aggravation de la crise sécuritaire en
Haïti. Il a estimé selon les statistiques que pour ce premier semestre 2026 seulement, 2300 personnes ont été tuées , 1100 autres blessées dans des violences orchestrées par des groupes armés et 100 cas d’enlèvement ont été enregistrés.
De plus, l’Opposition Progressiste veut attirer l’attention sur le fait que cette escalade de la violence n’est pas une simple crise sécuritaire, c’est une entreprise de déshumanisation systématique organisée par des individus bien déterminés. Les témoignages font état de viols collectifs utilisés comme armes de terreur et d’une famine artificielle imposée par le blocage des axes routiers par des gangs armés et la paralysie des flux économiques.
Comme conséquence, plus de 5,83 millions d’Haïtiens, soit 52 % de la population, sont aujourd’hui en phase de crise ou d’urgence alimentaire (IPC 3+).
Ceci dit, cette inefficacité n’est plus une simple erreur d’appréciation, elle est devenue, par omission, un facteur de perpétuation du Chaos.
2- La colonisation et les contraintes imposées au Conseil Électoral Provisoire (CEP) par Alix Didier FILS-AIMÉ
Le débat public met également en lumière l’importance de l’indépendance du CEP.
Il est clair qu’aujourd’hui, l’enjeu ne réside pas seulement dans la fixation d’une date électorale, mais également dans la capacité des institutions nationales, particulièrement le Conseil Électoral Provisoire (CEP), à garantir un processus transparent, démocratique et accessible à l’ensemble de la population.
Cependant, dans les faits c’est tout le contraire qui se déroule. Le CEP est pris en otage par FILS-AIMÉ et ses alliés au détriment de la Souveraineté nationale. À cela s’ajoutent les défis liés à l’organisation logistique du scrutin et à la confiance des citoyens envers les institutions chargées de superviser le processus.
En outre, l’Opposition Progressiste tient à exprimer son total désaccord au pseudo Décret Électoral en vigueur. Ce texte, élaboré en
vase clos par une élite économique cherchant à pérenniser ses intérêts et confisquer le pouvoir par un processus électoral biaisé.
L’Opposition Progressiste constate que ce projet politique, porté par des acteurs bien lotis autour de M. Alix Didier FILS-AIMÉ, s’accompagne d’une volonté manifeste de neutraliser le Conseil Électoral Provisoire (CEP), le dépouillant ainsi de son indépendance pour en faire un instrument inféodé au Gouvernement de facto.
Nous sommes bien imbus qu’une gouvernance électorale forte et impartiale constitue une condition essentielle pour garantir la légitimité des résultats et renforcer la confiance de la population. Dans ce contexte, la participation citoyenne apparaît comme un défi.
L’Opposition Progressiste refuse donc de soutenir tout « pseudo Décret électoral »élaboré en vase clos par FILS-AIMÉ et ses alliés, en dehors de tout consensus national. Cette absurdité constitue une entorse grave aux principes de Souveraineté. Or, aucune solution durable ne peut émerger des officines de quelques élites ou d’une administration illégitime.
3- Un Gouvernement obsolète par l’absence de provisions légales
Il est devenu manifeste que depuis le 7 juin 2026, légalement et constitutionnellement M. Alix Didier FILS-AIMÉ a cessé d’être
Premier ministre en raison du fait que l’article 149 de la Constitution, tout mal utilisé en l’espèce, est épuisé. L’article précité a précisé les limites du mandat du Conseil des ministres qui ne peut pas excéder 120 jours.
Cette vacuité juridique est comblée par une gouvernance de facto qui manque cruellement de légalité et de légitimité, et qui se contente de petits arrangements précaires pour s’affranchir avec arrogance des mécanismes de contrôle démocratique.
Dans ce contexte, l’Opposition Progressiste ne peut guère valider des décisions prises par un régime de facto, illégal et illégitime, de manière unilatérales, sous prétexte d’un certain « retour à l’ordre constitutionnel ».
L’Unique Alternative : Un dialogue national inclusif s’impose
L’unique voie de sortie de crise est l’organisation immédiate d’un dialogue national inclusif, où les forces vives de la Nation, et non les seuls bénéficiaires du statu quo, pourront redéfinir les bases d’un pouvoir légal, rétablir la confiance publique et jeter les fondements d’un processus électoral réellement transparent, indépendant et souverain.
Ceci dit, la tenue d’élections ne représente pas uniquement une obligation constitutionnelle ; elle constitue également un moment déterminant pour l’avenir politique d’un État démocratique. C’est pourquoi les discussions actuelles invitent à une réflexion collective sur les moyens de créer les conditions favorables à l’organisation d’un scrutin libre, transparent et crédible.
Face aux nombreux défis auxquels Haïti est confrontée, la recherche d’un consensus national autour des questions électorales pourrait contribuer à renforcer la stabilité institutionnelle et à consolider les fondements de la démocratie. Plus que jamais, l’information, le débat public et la participation citoyenne demeurent essentiels pour construire un avenir démocratique durable. Mais, le mode opératoire de Alix Didier FILS-AIMÉ devient le mur de Berlin qui obstrue toute possibilité de dialogue.
Une démocratie solide repose sur l’engagement des citoyens, des organisations de la société civile, des acteurs politiques et des institutions publiques. Le dialogue, le respect des opinions divergentes et la recherche de solutions consensuelles demeurent indispensables pour faire avancer le processus démocratique.
Stevens Grégor GABRIEL, dit l’Archange
Membre de l’Opposition Progressiste haïtienne

